vendredi 3 août 2012

(film) De rouille et d'os



De rouille et d'os

Réalisé par Jacques Audiard
Avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure

Date de sortie cinéma : 17 mai 2012
Genre : Drame
Durée : 1h55 

Synopsis : Ça commence dans le Nord.
Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau.
A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone.
Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose.
Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau.
Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions.
Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre. 

(Sources : AlloCiné

Critique : Un beau film. Un film bouleversant jusqu'à la fin, où l'on se sent mal parfois, où l'on a envie de pleurer, où les larmes ne viennent pas et puis finalement viennent, de mal-aise, où de tristesse, car ce film est triste, beau, deux synonymes qui vont souvent ensemble. Marion Cotillard est fantastique, comme toujours d'ailleurs, et le mec est scotchant, et le mec à un personnage creusé dans le fond des tripes, superbe personnage le mec, j'adore. Un film au sujet que l'on essaye de cacher parfois, et là il ressort tel un coup de tonnerre, il ressort pour montrer les affreux moignons de Marion Cotillard, ça fait un choc la première fois, ça fait toujours un choc ensuite, on ne s'habitue pas, c'est pour cela que ce film est cruel, dur, cru en un sens, c'est pour cela qu'on se sent mal et qu'on a envie de pleurer, sans s'arrêter de penser que ce film est bien, que Marion Cotillard joue extraordinairement bien quand elle rentre dans une sorte de déprime, de mal-être après être sortie de l'hôpital, et le mec vient, et ce merveilleux mec bourru et plein de testostérones, attachants comme la vie, qui ne sait pas s'occuper de son fils, qui ne sait pas s'occuper de sa vie, qui est perdu, et ne sait pas faire avec l'amour alors il baise, il baise tout ce qui bouge et après c'est lui, c'est sa personne, ça ne regarde que lui. J'ai aimé cette scène où Marion Cotillard ne sait pas quoi penser, ne sait pas comment réagir après qu'il lui ai dit d'un coup sec, comme ça "On baise ?". Elle ne sait pas comment réagir la Marion, ce n'est pas son style, ce n'est pas ça manière, alors elle rigole, elle fini par accepter, la suite, il faut voir le film, la suite vous l'aurez en regardant De rouille et d'os, ce magnifique film de Jacques Audiard, alors à vos portes-monnaie, à vos jambes, courez y voir De rouille et d'os.

Interruption inégale

Voilà. Je permet d'interrompre ce tapage pour vous faire part d'un blog tout à fait génial qui est le mien :

Quelques mots pleins d'ombre
http://leblogderosedray.blogspot.com

lundi 9 avril 2012

(film) Titanic en 3D et... au Grand Rex !


Réalisé par James Cameron
Avec Leonardo DiCaprio, Kate Winslet, Billy Zane

Date de sortie : 7 janvier 1998
Date de reprise en 3D : 4 avril 2012
Genre : drame, romance
Durée : 3h14

Synopsis : Southampton, 10 avril 1912. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé pour son insubmersibilité, le "Titanic", appareille pour son premier voyage. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg. A son bord, un artiste pauvre et une grande bourgeoise tombent amoureux.

(Sources : AlloCiné)


Critique : Je n'arrive plus à écrire de critiques stables. C'est dépitant. Sachez tout d'abord que j'ai vu Titanic en 3D au Grand Rex à Paris sur écran géant. Faut le faire quand même. Et je l'ai fait. Et c'est extraordinaire, même avec la 3D qui n'ai pas tellement ma tasse de thé. Je n'ai pas été déçue. Pas du tout même.
Faut dire que le Grand Rex, c'est quand même quelque chose, étant auparavant une totale néophyte de l'existence d'un tel cinéma.
La salle est grande, immense même. Assise sur mon petit fauteuil rouge de cinéma, il y avait derrière moi des enfilades de sièges rouges à n'en plus finir. Devant moi la même chose, descendant en contrebas pour ne faire plus que du vide. De chaque côtés, des petites tours façon maghrébines se tenaient là en tant que décor. Devant moi, un écran affichant de la pub et des bandes-annonces, bien petit pour la distance à laquelle j'étais. Désespoir. Un grand sourire s'est affiché sur ma petite face de gamine quand j'ai su que s'en allait être tout autrement. Et j'ai attendu. Nous avons mis nos lunettes 3D et après quelques publicités en reliefs l'écran géant est arrivé avec une musique de guerre, se déroulant tout doucement sous nos yeux ébahis. Des planètes en trois dimensions ont fait leur apparitions au fur et à mesure de la descente de l'écran géant, le ciel et l'univers s'éparpillant partout dans l’immense salle au plafond étoilé, comme ceux à la Harry Potter. Des morceaux de pierres venus tout droit s'écraser sur nos visages sont sortis de l'inscription LE GRAND LARGE, publicité pour l'écran géant se déroulant petit à petit devant nous. Grandiose.

Et le film a commencé. Et avec, l'émotion bien distincte qui apparait quand on sait qu'on va vivre quelque chose de spectaculaire. C'est vrai en un sens. J'ai été embarqué, comme les deux autres fois où j'ai vu Titanic, il y a bien longtemps, au temps de ma jeune enfance^^. J'ai été embarqué dans ce film somptueux comme le jour, oubliant même la 3D, et ça c'est chouette !
J'avais en effet un énorme apriori concernant la 3D. Je n'aime pas ce nouveau système tout moche, cela fait perdre de la qualité au film, esthétiquement parlant. Cela fait mal aux yeux pour la petite vieille que je suis, les grosses lunettes sont encombrantes surtout si tu en as en dessous, des grosses et des encombrantes, presque les mêmes, des Ray Ban pour faire de la pub (donc, à cause de cela, tu as ensuite tes lunettes 3D qui te tombent sur le bout du nez faute de mieux, interrompant tous les quarts d'heures tes doigts tranquillement posés sur le dossier de ton siège). Et puis surtout, la troisième dimension c'est inutile. Cela possède une très grande inutilité qui ne procure rien de plus au film, si ce n'est pour enlever de sa qualité et de sa splendeur, surtout si celui-ci n'a pas été filmé pour la 3D, ceci étant le cas de Titanic qui n'a pas le nombre incalculables de premiers plans demeurant dans les films uniquement filmés pour cette optique.
Mais contrairement à tout cela, la 3D de Titanic était d'une parfaite qualité similaire à ce film là, Avatar, qui est d'ailleurs du même réalisateur que le film ici présent, et j'ai honte à le dire car Avatar, même si celui-ci est grandiose, ne dépasse évidement pas ce somptueux film qu'est Titanic.
La 3D de Titanic ne fait pas mal aux yeux en raison sans doute de sa qualité. Elle est inutile oui, surtout dans ce film, surtout quand on voit des formes floues en premier plan prendre du volume. C'est quoi ce bordel ? Mais quand la profondeur de l'eau, quoi qu'elle soit, de celle qui monte dans le bateau ou de l'eau de la mer, quand celle-ci prend de la profondeur, c'est une merveilleuse sensation qui surgit dans nos tripes et qui n'est malheureusement pas présente partout.
Je continue quand même à le dire, moi, j'aime pas la 3D. Pourquoi alors suis-je allé voir Titanic en 3D ? Pour la curiosité bien sûr. J'étais curieuse de voir à quoi pouvait bien ressembler Leonardo Dicaprio en relief. Et puis, revoir Titanic, sur grand écran en plus, ce n'est évidement pas de refus. J'avais raison. Tout à fait raison, car j'ai vécue là une magnifique séance.
Quel bonheur de se replonger dans ce film culte qui fait rêver ! Quel bonheur que de revoir le petit Leo tout jeune, et quel bonheur de voir Kate Winslet, belle comme un saphir (et je n'exagère pas). Quel bonheur de se laisser embarquer dans cette tornade catastrophique !
Titanic reste un film culte et ce n'est vraiment pas étonnant. C'est un film avec tellement d'émotions, de scènes grandioses et spectaculaires qui prennent au tripes, et qui fonctionnent démesurément bien sur un écran géant.
La 3D n'a peut-être servie à rien comme je l'ai dit plus haut, en tout cas tout était spectaculaire, du fait de l'écran géant je pense, ce n'est pas rien de voir le Titanic couler devant un écran qui dépasse celui de la taille d'un de cinéma normal.

jeudi 26 janvier 2012

La folle allure


Titre : La folle allure
Auteur : Christian Bobin
Genre : Histoire de vie
Appréciation : J'ai adoré

Résumé : Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge.

(quatrième de couverture)

Extrait :

Ma mère est folle, je crois. Je souhaite à tous les enfants du monde d'avoir des mères folles, ce sont les meilleures mères, les mieux accordées aux cœurs fauves des enfants. Sa folie lui vient d'Italie, son premier pays. En Italie, ce qui est dedans, ils le mettent dehors. Leur linge à sécher et leur cœur à laver, ils mettent tout à la rue sur un fil entre deux fenêtres, et ils font l'inventaire plusieurs fois par jour, devant les voisins, dans un interminable opéra de cris et de rires. En apparence c'est gai - en apparence seulement. Les Italiens sont tristes, ils imitent trop la vie pour l'aimer réellement, ils sentent la mort et le théâtre : c'est mon père qui dit ça quand il veut mettre ma mère en rage. Le pays de mon père, j'ignore comment il s'appelle. Le pays de mon père c'est le silence. Mon père c'est tous les hommes quand ils rentrent le soir à la maison. Des taciturnes. Des sans-mot. Mon père est comme un loup : le feu qui coule dans ses veines remonte aux yeux, et rien pour les lèvres.

Ma mère est comme une chatte, comme un moineau, comme du lierre, comme du sel, comme la neige, comme le pollen des fleurs. L'écuyer est amoureux de ma mère. Le clown est amoureux de ma mère. Le dompteur est amoureux de ma mère. Ils sont tous amoureux de ma mère dans cette tribu et elle laisse faire, c'est la meilleure façon de retenir mon père auprès d'elle que ces incendies déclarés alentour. L'amour fait un cercle comme celui du cirque, tapissé de sciure, doux aux pieds nus, lumineux sous la toile rouge gonflée de vent. Le cercle est simple : plus vous êtes aimée et plus on vous aimera. Le truc c'est au départ, pour être aimée une première fois. Il faut surtout n'y pas penser, ne pas le rechercher, ne pas le vouloir. Être folle, se contenter d'être folle, de rire en pleurant, de pleurer en riant, les hommes finissent par venir, attirés par la clairière de folie, séduits par celle qui n'a même pas souci de plaire. Après c'est joué, vous tournez et dansez dans le cercle d'amour, un mari à vos bras pour ne pas perdre l'équilibre, un mari qui roule des yeux partout en silence.


Critique : C'est difficile d'écrire une critique sur un livre de Christian Bobin. Ses livres sont tellement fluides, beau, on ne peux pas en dire grand chose. Tout ce que je peux dire c'est que Christian Bobin est un dieu. Ses livres me touchent, son écriture est poétique, simple et légère, elle s'envole dans les airs comme une plume qui veut montrer au monde qu'elle existe. Ça se dévore comme un rien. Et c'est beau. La folle allure est l'histoire d'une petite fille qui vit dans un cirque. L'auteur y écrit à la première personne - ce qui est assez rare dans ses livres - l'existence d'une fillette qui contemple le monde de ses yeux d'enfant. Elle grandit aux fil des pages, de deux à vingt-sept ans, vivant sa vie de femme. Une simple rêveuse. C'est touchant et frais comme une pâquerette. Bref, c'est du Christian Bobin. Un auteur à découvrir impérativement, si ce n'est pas déjà fait !

A lire aussi sur ce blog, du même auteur => La femme à venir

lundi 23 janvier 2012

(film) J. Edgar


Réalisé par Clint Eastwood
Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer

Date de sortie cinéma : 11 janvier 2012
Genre : Biopic, drame
Durée : 2h15

Synopsis : Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

(Sources : AlloCiné)

Critique : J. Edgar m'a ennuyée. Le film plus que le mec d'ailleurs puisque Leonardo DiCaprio n’ennuie jamais, même dans ses pires films. J. Edgar m'a ennuyée car c'est un film avec beaucoup de blablas, un film au style sérieux qui parle beaucoup de politique, et moi, la politique, ça m'ennuie, désolé. Un film aux couleurs vraiment somptueuses et à l'image parfaite, dans une époque parfaite aussi (les années 50, j'adore !) avec ses très beaux costumes et ses chapeaux. Le début est pas mal, on se laisse embarquer par la vie de ce petit homme trapu (aux dires du film), mais le milieu s'écoule comme de l'ennuie. Dans mon fauteuil rouge de cinéma, je me suis aperçut que ma jambe me faisait terriblement mal. J'ai essayé de changer de position, de croiser les jambes, rien à faire. Je me suis demandé quand le film allait se finir, il était long, si long ! J'ai réussi à m'accrocher quand je me suis rendu compte que Leonardo et son bel acolyte aux sils de papillons entretenaient une relation ambigu à l'allure d'homosexualité. Et je me suis dit que chouette, il y avait enfin un peu de piquant dans un film sérieux comme celui-ci, et j'ai été surprise. Une heureuse surprise, moi qui aime tous les trucs pas très net et ambigus. La suite était parfaite, un peu lente aussi, et ennuyeuse. Mais au moins j'ai réussi un peu à m'accrocher.

Un film ennuyeux où l'unique accroche est la relation absolument ambigüe (on est dans les années 50) et très belle de Leo et son petit acolyte. C'est cela qui a sauvé le film !

PS : Le maquillage pour vieillissement de Leonardo DiCaprio ainsi que les autres personnages étaient extrêmement bien réussi, de plus qu'on reconnaissait les acteurs à travers leur vieillissement soudain.



dimanche 22 janvier 2012

Hymne


Titre : Hymne
Auteur : Lydie Salvayre
Genre : Roman biographique
Appréciation : J'ai adoré

Résumé : Le matin du 18 août 1969, à Woodstock, Jimi Hendrix joua un hymne américain d’une puissance quasiment insoutenable.
Parce qu’il avait du sang noir et du sang cherokee mélangé de sang blanc, parce qu’il était donc toute l’Amérique, parce que la guerre au Vietnam soulevait en lui un violent mouvement de refus que toute une jeunesse partageait, parce que sa guitare était sa lady électrique, sa passion, sa maison, sa faim, sa force et qu’il en jouait avec génie, Jimi Hendrix fit de cette interprétation un événement.
Revenant sur ce moment inoubliable, Lydie Salvayre tire les fils de la biographie pour réécrire la légende de Jimi, sa beauté, sa démesure, mais aussi sa part sombre, ses failles et la brutalité du système dont il était captif et qui finirait un jour par le briser.

(Résumé repris du livre)

Extrait :

On dit qu'il ne s'aimait pas. Que sa timidité incurable venait de ce qu'il ne s'aimait pas
Qu'il n'avait aucune assurance aucune. Qu'il demandait souvent à ses proches Est-ce qu'on me prend pour un pitre ? Est-ce que je ne suis pas ridicule avec ce chapeau ?
On dit qu'il ne sortait de sa timidité que pour être, sur scène, l'audace même.
Il fut, le 18 août 1969, l'audace même.
Il fit ceci : il s'empara de l'Hymne et il le retourna.
Il eut ce front.
Il prit ce risque.

L'hymne entonné en prélude aux allocutions du président Nixon, l'hymne qui résonnait lors des célébrations de tueries héroïques, l'hymne intouchable, l'hymne immuable, l'hymne de la superpuissance blanche classée n° 1 au hit-parade des pays producteurs de bombes : au napalm, au phosphore, à la dioxine, au graphite, tritonales, à fragmentation, à guidage laser, à sous-munitions, il y en avait pour tous les goûts, l'hymne d'amour de la patrie, car amour et patrie sont deux mots qui parfaitement s'accolent (j'ai à l'esprit un autre verbe que je n'ose pas écrire), l'hymne des braves boys qui savaient opposer leur mâle résistance à la propagation communiste avec l'aide miséricordieuse de Dieu et suivant la méthode imparable du search and destroy encore appelée civilisatrice, cet hymne-là, il s'en saisit et il le renversa.
L'hymne sacré, symbolique, scrupuleusement respecté, l'hymne régimentaire qui avait envoyé son ami Larry Lee se faire trouer la peau dans les jungles du Vietnam, l'hymne qui accueillait en fanfare les GI morts au combat, lesquels arrivaient de Saigon en emballage capitonné, car sacrifier sa vie à la lutte contre le Mal méritait amplement un emballage capitonné, la patrie reconnaissante ne reculant devant aucun sacrifice, l'hymne sanglé de la tradition, l'hymne engoncé dans son uniforme, l'hymne bêlé à l'école, en cadence, un-deux, l'hymne vidé de sa substance et braillé sur les stades Oh dites-moi pouvez-vous voir dans les lueurs de l'aube ce que nous acclamions si fièrement au crépuscule, l'hymne qu'on chantait sans l'entendre, depuis le temps, l'hymne embaumé, l'hymne empoussiéré, l'hymne pétrifié de la nation, il l'empoigna, le secoua, et aussitôt en fit jaillir une liberté qui souleva l'esprit.

C'est de The Star Spangled Banner que je parle. C'est de ce morceau si légitimement fameux que Jimi Hendrix joua à Woodstock le 18 août 1969, à 9 heures, devant une foule qui n'avait pas dormi depuis trois jours, et que j'écoute des années après, dans ma chambre, avec le sentiment très vif que le temps presse et qu'il me faut aller désormais vers ce qui, entre tout, m'émeut et m'affermit, vers tout ce qui m'augmente, vers les œuvres admirées que je veux faire aimer et desquelles je suis, nous sommes, infiniment redevable.»

Critique : Hymne est un livre très particulier. Salvayre part d'un évènement qui la touche profondément pour écrire ce que l'on pourrait appeler une biographie, mais qui ne veut pas être un documentaire savant, elle le dit elle-même, ce qui fait que le roman est assez inqualifiable. Le style même est d'abord un peu surprenant (mais pas plus que du François Bon par exemple), mais très sincère, contrairement à certains auteurs contemporains qui pensent qu'il suffit d'un style bizarre pour avoir l'air original.

J'avoue ne pas être une grande fan de Hendrix. Je n'ai jamais trouvé de force particulière à ses chansons comme à ses prestations, pour moi, il ne s'agit de rien de plus que du bon rock, un peu trop teinté de soul mais riche de ses racines blues. Or, ce que j'ai aimé, justement, c'est que, même s'il ne fait aucun doute de Lydie Salvayre est une fan et écrit en tant que fan, malgré le point de vue subjectif, on n'est pas obligés d'aimer particulièrement Jimi pour apprécier, ni de savoir ce qu'il se passa à Woodstock en cet été 69.
La seule chose que je reproche à Lydie Salvayre, qui vient peut-être du côté fan-en-admiration, ce sont les répétitions d'idées (pas les répétitions, volontaires, de phrases ou d'expressions). Arrive un moment où l'on commence, par exemple, à savoir que l'Hymne torturé est bien plus vrai que celui qu'on joue dans les cérémonies officielles.

Mais l'écriture est forte, directe, fougueuse — comme la musique de Jimi — et on entre facilement dans le roman. On accroche au personnage Hendrix autant qu'à sa force créatrice qu'il révèle toute entière, selon l'auteur, à travers l'hymne américain distordu tel un cri de liberté, tel l'expression de toutes ses racines et de toutes les racines de l'Amérique, à cette époque en pleine guerre du Vietnam.Un livre flamboyant et très fort, que je ne peux que vous recommander.

(film) Intouchables

Réalisé par Eric Toledao et Olivier Nakache
Avec François Cluzet, Omar Sy

Date de sortie : 2 novembre 2011
Genre : Comédie
Durée : 1h52

Synopsis : A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison… Bref, la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se téléscoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables. (AlloCiné)


Critique : Intouchables est un film assez difficile à critiquer ; deux mois environ après être allée le voir, je suis quelque peu revenue sur mon idée de départ.
Ma première réaction a été de trouver ça génial, parce que je ne me souviens pas avoir déjà ri autant au cinéma. Cela me paraissait assez bien vu et les acteurs étaient très bons. Je me suis indignée contre les gens qui n'allaient pas le voir par principe (parce qu'il qu'ils se distinguent des autres, ils ne font jamais comme le peuple, vous comprenez).
Mais j'ai réfléchi dessus, ayant lu de nombreuses critiques, soit très positives, soit très négatives. Au début, ces dernières m'ont paru être le fruit d'une attitude, d'une pose contre la culture populaire (comme celle de Gérard Lefort, qu'encore maintenant je trouve de toute façon très peu constructive, pleine de contradictions et de son habituel mépris pour tout ce qu'il peut y avoir d'émotionnel).

Mais finalement, je me rends compte qu'Intouchables peut se présenter comme un film qui rend très peu compte de la réalité, ne serait-ce que celle du handicap. Philippe est richissime, il peut se payer tout ce qu'il veut, n'importe quel élément de confort. Or, je ne crois pas que la situation des handicapés en France soit aussi facile, on verra à ce sujet l'article de Rue89 écrit par les parents d'un handicapé, qui craignent que le succès du film ne fasse croire aux spectateurs que tout va bien de ce côté-là et que l'Etat n'a pas besoin d'intervenir plus que ça.
Lefort a quand même écrit une chose pertinente dans sa critique : « Le succès du film est le fruit d’un conte de fées cauchemardesque : bienvenue dans un monde sans. Sans conflits sociaux, sans effet de groupe, sans modernité, sans crise. A ce titre, en cet automne, il est LE film de la crise. » Il ne faut pas s'attendre dans ce film à voir critiquées les inégalités sociales, l'indifférence des riches envers les pauvres ou autres sujets du même goût. Intouchables n'est pas un film engagé, uniquement d'une comédie. Mais après tout, ce n'est peut-être pas plus mal. Pour Lefort, aller voir un film dans l'espoir d'oublier un peu la grisaille du quotidien semble constituer quelque chose de honteux, mais je me dis qu'il vaut mieux une bonne comédie sans but politique affirmé de temps en temps, plutôt que de voir toujours les mêmes brulôts engagés qui se renouvellent peu. Faire une pause dans le militantisme, c'est parfois reposant…



dimanche 8 janvier 2012

(film) Une vie meilleure


Réalisé par Cédric Kahn
avec Guillaume Canet, Leïla Bekhti, Slimane Khettabi

Date de sortie cinéma : 4 janvier 2012
Genre : Drame
Durée : 1h50

Synopsis : Yann et Nadia, amoureux, se lancent dans un projet de restaurant au bord d'un lac. Leur rêve d'entrepreneur se brise rapidement. Nadia, contrainte d'accepter un travail à l'étranger, confie provisoirement son fils à Yann. Elle disparaît...

(Sources : AlloCiné)

Critique : C'est un brin de vie ce film. Un brin de vie qui s'élance et repart tel un oiseau dans l'immensité du monde. Un combat contre la vie, contre une société à travers laquelle le personnage de Guillaume Canet tente de lutter, encore et encore, contre cette vie dont il n'arrive pas à se sortir. Et c'est juste. Et c'est vrai. Actuel et inhabituel. Les acteurs sont beaux, jouent bien, et ce n'est sans doute pas étonnant du côté de Guillaume Canet : il suffit juste de voir son nom écrit sur les affiches de cinéma et directement notre envie se jette à pas de velours sur tous ses films. Car Guillaume joue bien. Guillaume est beau. Guillaume réalise bien. Guillaume a tout d'un acteur comme on les aime. Alors on profite du combat de cet homme qui fait tout pour s'en sortir malgré toutes les emmerdes qu'il a sur le dos. Sa compagne s'en va. Et le mec, le gentil Guillaume Canet se retrouve seul en face d'un môme de neuf ans attachant comme la vie. On voit ses deux là qui s'apprivoisent petit à petit, malgré le caractère de notre protagoniste puissant comme la nuit. Il propulse sa violence aux yeux du gamin qui se tient en face de lui, qui ne bouge pas, figé dans le silence. Il propulse sa violence et il est bon, affreusement bon dans son rôle d'homme qui lutte pour la vie. Le personnage de Guillaume Canet est atteint d'une personnalité propre et bien distincte, d'un caractère rempli d'une jouissante puissance. Nos poils se hérissent, la chair de poule arrive et on est bien, on est heureux, et l'on se répète dans notre petite tête que ce bonhomme là, il joue superbement bien. Vais-je arrêter d'envoyer des fleurs à ce cher Guillaume Canet ? Leïla Bekhti est belle et touchante dans son rôle de jeune femme qui essaye de lutter elle aussi. Je ne connaissais nullement cette actrice et je vais vite m'empresser de voir Tout ce qui brille pour observer une autre prestation de cette petite miss.
Une vie meilleure est un fabuleux combat contre la vie qui interroge. Comment rester passif face à un sujet comme celui-ci ? Un beau combat contre la vie avec de beaux acteurs et de belles prestations. Un film au sujet tragique, certes, mais on y ressort néanmoins rempli de légèrement, avec le sentiment que notre vie est belle. Mais ce n'est pas étonnant,
c'est tout le temps comme ça que je ressors après avoir vu un bon film.

A voir sur ce blog, de et avec Guillaume Canet => Les Petits mouchoirs, Last Night

dimanche 27 novembre 2011

(film) Les Adoptés


Réalisé par Mélanie Laurent
Avec Mélanie Laurent, Denis Ménochet, Marie Denarnaud

Date de sortie : 23 novembre 2011
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h40

Synopsis : Une famille de femmes que la vie a souvent bousculée mais qui est parvenue avec le temps à apprivoiser les tumultes. Les hommes ont peu de place dans cette vie et naturellement quand l'une d'entre elle tombe amoureuse tout vacille. L'équilibre est à redéfinir et tout le monde s'y emploie tant bien que mal. Mais le destin ne les laissera souffler que peu de temps avant d'imposer une autre réalité. La famille devra alors tout réapprendre. La mécanique de l'adoption devra à nouveau se mettre en marche forçant chacun à prendre une nouvelle place...

(Sources : AlloCiné)

Critique : Les Adoptés est un joli film qui sent bon la Mélanie Laurent toute fraîche. Et c'est son premier film, un film où les images sont belles, douces, aux couleurs pastels et aux contours flous, où l'image est encore empreinte d'une virginité écarlate, d'une flouté qu'il faut parfois deviner sous la caméra de Mélanie Laurent. L'histoire s'emmêle parfois et n'est peux être pas toujours abouti, dans le sens où l'on ne sait pas grand chose sur les personnages mais reste néanmoins toujours cohérente. Et c'est un beau film, un film sur la vie et sur l'amour. Une petite leçon de vie qui sent bon la rose, à la Mélanie Laurent jolie comme tout.


samedi 12 novembre 2011

(film) Les Géants

Réalisé par Bouli Lanners
Avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel

Date de sortie cinéma : 16 septembre 2009
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h25


Synopsis : C’est l’été, Zak et Seth se retrouventseuls et sans argent dans leur maison de campagne. Les deux frèress’attendent encore une fois à passer des vacances de merde. Mais cetteannée là, ils rencontrent Danny, un autre ado du coin. Ensemble, à unâge où tout est possible, ils vont commencer la grande et périlleuseaventure de leur vie.

(AlloCiné)

Critique : Un tel synopsis ne laisse absolument pas présager ce qui va vraiment se passer dans ce film. Mais bon, l'histoire d'ados livrés à eux-mêmes, ça m'avait donné envie, d'autant que les images avaient l'air vraiment très belles.
De ce côté là, en effet, je n'ai pas été déçue. Le film a été tourné dans un cadre magnifique, la lumière est belle, etc. Par contre, j'ai été surprise par le scénario.
Les ados livrés à eux-mêmes, c'est pour ne pas choquer les âmes sensibles. En fait il y a des histoires de dealer d'herbe, d'arnaques, de types barjos… J'ai été un peu désarçonnée au début, mais au final, c'est plutôt réussi. Le réalisme des scènes est impressionnant au regard du caractère invraisemblable de l'histoire elle-même (on est finalement plus dans un conte que dans la réalité). C'est aussi ce qui rend beaucoup de passages très drôles.

Les critiques que vous pourrez lire sur Internet portent toujours un regard un peu condescendant sur les trois protagonistes, allant jusqu'à les traiter d'enfants (ils ont mon âge, bordel !). C'est d'abord à cause du fait que ce sont des adultes qui écrivent, mais en même temps, je comprends. Les héros sont particulièrement naïfs, parce que pour se laisser embarquer dans des arnaques pareilles, il faut être très fort. Même moi, j'aurais tendance à parler de gamins. Mais justement, il était agréable de voir que Bouli Lanners ne les considère pas de haut, et reste très tendre, il y a un côté « c'est comme ça, c'est de leur âge, ils ne sont pas plus cons que les autres ».

La seule chose qui m'a vraiment déçue a été la fin. On ne sait absolument rien sur l'avenir de ces ados. Je n'ai jamais vu une fin autant en suspens, et ce n'est pas très agréable. En fait, on a plus l'impression que c'est parce que le réalisateur ne savait pas comment finir que par volonté artistique. Et du coup, ce film a laissé en moi une impression étrange, comme s'il était incomplet, comme s'il manquait quelque chose.
Bref, j'ai passé un bon moment au cinéma, mais une fois sorti(e), je me dis que je n'en garderai peut-être pas un souvenir mémorable.


vendredi 28 octobre 2011

(Film) Fish Tank

Réalisé par Andrea Arnold
Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender

Date de sortie cinéma : 16 septembre 2009
En DVD depuis le : 3 février 2010
Genre : Drame
Durée : 2h02

Synopsis : A 15 ans, Mia est une adolescente rebelle avec une unique passion : la danse hip hop. Un jour d'été, sa mère rentre à la maison avec un nouvel amant, Connor, qui s'installe chez elles. Est-ce enfin une promesse de bonheur ou bien un leurre ?

(Sources : AlloCiné)

Critique :
Bon, alors, Fish Tank par où commencer... L'absence totale de dynamisme et de suspens ? Je crois que c'est de là que vient le principal défaut de ce film qui dure, tout de même, presque deux heures. Il est certainement d'un certain point de vue dérangeant ou/et désagréable de part surtout de l'attirance du personnage principal, une jeune fille rebelle et brisée par sa relation catastrophique avec une mère qui se raccroche par tous les fils à sa jeunesse passée (drogues, relations sexuelles, fêtes...), pour l'amant de sa mère donc son beau-père (ou presque beau-père). Ça parait être un bon point de départ, un très bon scénario, avec l'ajout d'une passion pour la danse et d'une relation à moitié amoureuse avec un jeune homme (relation à laquelle on s'attend dès l'apparition du dit jeune homme à vrai dire). On se perd en plans inutiles (le tiers du film consistant à filmer Katie Karvis entrain de marcher), les dialogues n'en finissent pas d'être rallongés avec des tonnes de silence et les rajouts de symboles incompréhensibles tels que le cheval nous perdent. Bref à peine l'histoire bien commencée, la longueur du film nous permet de deviner la moindre action qui se déroulera sous peu et donc ne nous laisse pas "en haleine" bref, on se fait chier. On a l'espoir durant la première partie du film que quelque chose vienne chambouler ce scénario trop prévisible et puis on passe la seconde moitié à ne plus chercher à comprendre et à deviner sans même réfléchir les retournements de situation. Après la vision de ce film, on se demande d'où sort le prix du jury du Festival de Cannes pour cette daube ou alors si l'on a pas compris quelque chose, peut-être que le film était marqué de beaucoup d'implicite ? Dans le genre la critique d'une Angleterre en crise... Inutile de déblatérer sur l'invraisemblance de l'âge du personnage vis-à-vis de son interprète, bien que rien à redire sur le jeu de Katie Karvis, au contraire, elle sauve le film durant les instants où l'on s'ennuie vraiment. Bref, un film d'intellectuels qui à faute de ne pas vous distraire ou vous émouvoir, vous permettra de faire une bonne petite sieste ou de bien passer vos nerfs en en écrivant une critique.



dimanche 23 octobre 2011

(film) Lullaby


Réalisé par Benoît Philippon
Avec Rupert Friend, Clémence Poésy, Forest Whitaker

Date de sortie cinéma : 1 décembre 2010
En DVD depuis le : 21 juin 2011

Synopsis :
Sam, libraire le jour et musicien la nuit, perd la femme de sa vie, Joséphine, et de fait, le sens de son existence.
Jusqu’à sa rencontre incongrue et quelque peu loufoque avec une jeune femme mystérieuse, Pi, qui devient synonyme de renaissance : pendant que Sam reprend goût à la vie et à la musique, Pi déchiffre la part du mystère qu’elle porte en elle.
Une étrange relation se noue entre eux à travers la porte d’une salle de bains… absurdité et beauté des hasards de la vie à New York…

(Sources : Allociné)

Critique : Lullaby est une romance à l'apparence fragile mais qui est en faite quelque chose de complexe qui sort complètement de l'ordinaire. Ici pas de blondes écervelées mais juste Pi, comme le nombre, qui est parfaitement interprétée par notre petite actrice française connue pour jouer Fleur Delacourt dans Harry Potter, Clémence Poésy. On ne retrouve pas non plus le joueur de foot ou de basket ou alors le gros macho, juste Sam, un homme perdu et brisé par la perte de son premier amour.
On pourrait déblatérer longtemps sur l'ambiance jazzy d'un ancien New-York et toutes les formes des arts représentées dans ce film (musique, écriture...) mais la chose la plus poignante est quand même la principale idée du film : une relation entre un homme et une femme de part et d'autre d'une porte. Et pour cela, on aurait pu prendre des personnages stéréotypés mais ça aurait été trop simple. On retrouve Sam qui a perdu la joie de vivre et Pi, une étrange petite fleur apparue dans sa salle de bains comme par magie. J'ai eu un coup de cœur invraisemblable pour les personnages de ce film, autant les personnages principales que les personnages secondaires. Ils sont profonds et réalistes, et les acteurs renvoient vraiment cette idée dans leurs interprétations.
Il y a aussi quelque chose de très important dans ce film et c'est la musique. Sam, le héros, étant musicien, une grosse part du film parle de jazz et la musique s'entremêle peu à peu à l'histoire de Sam et Pi.
Bref un film que je recommande à toutes jeunes filles aimant les belles histoires d'amour mais pas que. Je le recommande surtout aux jeunes filles artistes qu'elles soient musiciennes, photographes, ou peintres, ou même passionnées de cinéma pourquoi pas hein ? Je le recommande aussi pour une Clémence Poésy que je ne connaissais pas sous ce jour. Et pour Rupert Friend que j'ai hâte de revoir dans un film.
Pour conclure, je dirais que Lullaby est un très beau film (les images sont superbes) qui apporte de la fraicheur à nos comédies romantiques.



dimanche 16 octobre 2011

Mes illusions donnent sur la cour


Titre : Mes illusions donnent sur la cour
Auteur : Sacha Sperling
Genre : Histoire de vie
Appréciation : Coup de cœur

Résumé : Sur un transat, il mange un esquimau. Le chocolat fond autour de sa bouche, il s'en met partout. On dirait du sang séché. Le ciel est de la même couleur que le soleil. Ce matin, on a braqué le minibar. Augustin voulait qu'on célèbre son départ. L'air a une vague odeur de jasmin. Je suis sûr que c'est le produit d'entretien. Il se lève pour aller commander quelque chose au restaurant, de l'autre côté de la piscine. Je l'observe. De longs palmiers bougent lentement derrière lui.

(quatrième de couverture)

Extrait :

Nous sommes sur ma terrasse, recroquevillés dans des transats car le sol a des allures de banquise. Je ne comprends pas pourquoi nous sommes venus ici. Il fait si froid. Nous ne pourrions être nulle part ailleurs. La ville est figée, rien ne bouge, comme si personne ne vivait à part nous. Depuis une chambre de bonne de l'autre côté de la rue, on entend une chanson des Pink Floyd. Echoes, je crois. Il fait nuit. Une de ces nuits glaciales, limpides, que la lune transperce et rend transparentes. Je suis en caleçon et je porte un tee-shirt blanc trop grand. Lui est torse nu. De la fumée sort de nos bouches en dessinant des formes qui disparaissent dans le froid. Je tremble. Il le voit. Il me frotte les jambes et la musique dure. Il m'embrasse. Il fume et les yeux me brûlent. Je suis aveuglé. Il pose ses mains sur mes paupières au moment où la chanson s'arrête et il me dit, très bas, comme un souffle :
"Surtout ne prétends pas que nous ne faisons rien."

Soudain, dans l'immensité silencieuse de la ville, on entend un cri. Augustin a retiré ses mains et pourtant je garde les yeux fermés. Je n'entends plus rien que les bruits des ses lèvres. Je me souviens qu'
Echoes s'arrête au milieu pour laisser entendre les bruits de l'enfer. Les cris reviennent, plus nombreux, comme des alarmes, comme des couteaux. Je me tourne vers la chambre de bonne. Il n'y a personne. L'immeuble entier semble vide. Augustin me tend sa cigarette qui est presque terminée. Je n'arrive pas à l'attraper. Je la fais tomber sur ma jambe. Je sens la brûlure. Pas tellement au début, et puis en crescendo. Encore un cri. Je serre ma cuisse. Je ne peux pas bouger. Augustin s'est allongé entre mes jambes. Sa tête est posée sur mon torse. La chanson reprend. Doucement. Il baisse mon caleçon. Il ne faut pas prétendre que nous ne faisons rien. Il faut trouver sa place entre le plaisir et la réalité. Je dois avoir allumé une autre cigarette puisque de la fumée sort à nouveau de ma bouche. Peut-être est-ce le froid. Je ne sais plus. Dérapage contrôlé. J'ai du mal à respirer. Les guitares me hurlent de ne pas réagir. Il faut que je me concentre sur la musique. Ses mains se posent sur mes cuisses. Sur mes hanches. Sur mon ventre. Je frisonne, raide et endormi. Je transpire, je brûle. Je ris presque quand je voudrais pleurer. Le batteur joue au rythme de mon cœur. Au rythme de nos respirations. Synchro. Tout est synchro. Sa langue lèche longtemps. Il se lève, je suis encore assis et je lâche ma Marlboro sur le sol. Les Pink Floyd se sont remis à chanter. Ça me soulage. J'aime le silence autant que je le redoute. Je suis en train de sucer Augustin. La chanson agonise. A nouveau nous n'entendons plus rien. Il jouit sur mon épaule. Moi, sur ma jambe. La musique est morte. Nos corps fument littéralement. Nous ne pouvons plus respirer.
Je voudrais réécouter cette chanson. Il faut que je réécoute cette chanson encore, encore, toujours. Ces guitares électriques... j'espère les entendre à nouveau, à chaque fois. Ce solo, ces cris... plus je me laisserai faire, plus je sombrerai, plus l'accord deviendra long."

Critique : Trash. Cruel. Glauque. Cru. Une écriture rapide, sèche, simple. Ce petit livre a tout d'un livre pour ado immoral, où l'on couche, on se drogue, on boit, on fume. Comme je les aime. Et du coup, j'ai adoré Mes illusions donnent sur la cour. Je l'ai dévoré un samedi, faute d'ennui. Et voilà. Rien à dire de plus. J'adore. C'est beau, cette relation cru et adolescente entre deux garçons. C'est immoral. C'est cru, rien de plus cru. C'est génial. C'est un livre génial. Je ne sais pas quoi dire de plus, c'est un livre que les ados doivent lire impérativement.
Le titre et la couverture sont très beaux. C'est cela je crois qui m'a poussée à regarder de plus près ce livre écrit par un homme de 21 ans.

dimanche 9 octobre 2011

(film) Drive


Réalisé par Nicolas Winding Refn
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston

Date de sortie cinéma : 5 octobre 2011
Genre : Action, thriller
Durée : 1h40

Synopsis : Un jeune homme solitaire, "The Driver", conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant - et au volant, il est le meilleur !
Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet.
C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul.
Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal…
Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

(Sources : AlloCiné)

Critique : Drive n'est pas un de ces films où l'action témoigne sur des courses poursuites en voitures. Drive est plus que ça. Un film au scénario ficelé comme une pelote de laine qui a d'ailleurs eu un prix. Un beau film aussi, grâce à sa bande-originale parfaite comme tout, qui donne une espèce d'ambiance planante. Magnifique.

Le film s'ouvre comme une bombe en apesanteur. La première
scène est stressante, noire, et puis le générique apparaît, explosant tout autour de lui, avec sa musique d'une force qui nous éclate toute entière à la figure. Le début est puissant et on est heureux : on va vivre 1h40 comme cela.

Et c'est vrai en un point. Drive est noir, puissant, il explose tout sur son passage, non pas par son action, mais par son esthétisme et sa musique incroyable, par son scénario, par cette histoire et ce personnage stupéfiant qu'incarne le si beau Ryan Gosling. Drive nous en met plein la vue. Et c'est chouette, très chouette.

Ryan Gosling est génial. Très différent de Blue Valentine, il nous interroge, nous offre son personnage d'une force incroyable qu'il établie vers le milieu du film. Un personnage stoïque, il ne parle pas, conduit et puis c'est tout. Peut-être cache t-il sa violence en lui, ceci étant dit car les premiers mots qu'il prononce vraiment sont "Ta gueule, ou je t'éclate la tête sur le carrelage et j'te fait bouffer les dents". Un truc comme cela à peut près. Bon. Interdit au moins de 12 ans. Et sa violence qu'il éparpille autour de lui explose à la gueule des méchants, saigne, devient gore et crue. Et c'est marrant, et c'est génial ce contraste avec ce mec stoïque qui tabasse des gens avec une violence bien trop crue pour son personnage.
Drive est aussi une histoire d'amour, touchante, timide et belle, avec une jeune femme jolie comme un cœur.

Un film noir et planant au scénario implacable avec une bande-son à couper le souffle. A voir !

samedi 17 septembre 2011

(film) Présumé coupable


Réalisé par Vincent Garenq
Avec Philippe Torreton, Wladimir Yordanoff, Noémie Lvovsky

Date de sortie cinéma : 7 septembre 2011
Genre : Drame
Durée : 1h42

Synopsis : Le film raconte le calvaire d'Alain Marécaux - "l'huissier" de l'affaire d'Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d'horribles actes de pédophilies qu'ils n'ont jamais commis. C'est l'histoire de la descente en enfer d'un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l'histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque.

(Sources : AlloCiné)

Critique : Avant toute chose, je suis la seule qui n'est pas aimée ce film parmi les sept personnes m'accompagnant. Mais pourquoi donc ?

Ce n'est pas moi qui ai choisi ce film. On était sept, on v
oulait aller au ciné, on a fini par se mettre d'accord sur Présumé coupable après maintes discutions. Ou des discutions plutôt courtes puisqu'on m'a imposé ce film, ou je me le suis imposé toute seule faut pas rêver.
Et ce film donc, j'aurais pu aimer. Le hic c'est que je ne savais rien de l'histoire, je ne connaissais aucunement l'existence d'une quelconque histoire vraie dans tout ça. Je n'aime pas spécialement les films policiers, mais j'avais adoré La Proie. Et ne vous faites pas d'illusions, Présumé coupable n'a rien à voir avec le film dans lequel joue Albert Dupontel, à part le fait d'être tout deux des films policiers, mais ça s'arrête là.
Alors comment se fait-il que j'ai détesté Présumé coupable et que tout le monde est aimé ? Peut-être dois-je retourner la question : Comment se fait-il que tout le monde est aimé, je veux dire, dans les sept petites personnes qui m'accompagnaient ?

Mystère et boule de gomme.

Je vais continuer pour vous éclairer la piste. La raison première est que je n'ai pas du tout aimé l'acteur principal qui n'était aucunement crédible dans son jeu d'acteur, mauvais comme tout et pitoyable en plus de ça, remplaçant le fait qu'il était censé être attachant. Et en plus de cela, il n'y avait pas seulement monsieur l'innocent qui jouait mal mais d'autres acteurs, moins voyant, qui sont apparus à la fin, au tribunal. Mais bon, laissons tomber. C'est très rare que je rencontre des films où les jeux d'acteurs me repoussent, mais là c'est véridique, j'avais en face de moi un acteur français méconnu de ma petite personne qui jouait mal, ceci étant mon point de vue purement personnel. Je dis cela car il est fort probable que parmi ces lecteurs là qui lisent ceci, vous avez aimé ce film, comme mes compagnons de cinéma, comme les critiques de presses et d'amateurs que j'ai survolées avant d'écrire ceci. Alors, je le dis bien, ceci est mon plus pur avis, comme toutes les critiques présentes sur ce blog. Je ne nie pas le fait que vous avez tout à fait le droit de ne pas être en accord avec les mots que je vais dire et que j'ai dis plus haut concernant le film. Voilà. Ceci étant dit, je continue.
L'acteur jouait mal, donc, car tout dans ses attitudes, ses réactions, n'était pas crédible. Ce type est censé être purement innocent, accusés de perversions sexuelles, ce qui est horrible, de plus quand on sait qu'il est père de trois enfants et qu'on l'accuse de faire des trucs sur ses mômes, et lui il réagit mal, il réagit très mal, il n'en fait pas assez pour un mec dans une telle situation, il a peur, mais quand il dit que c'est abominable ce qui lui arrive, on n'y croit pas, je n'y ai pas cru une seconde, c'est pas crédible. Si bien qu'au début, j'étais persuadé dans ma petite tête qu'il était coupable, malgré ces paroles pour dire toute l'innocence qu'il semble posséder au dire du film. Et c'est à ce moment là, quand je me suis aperçu que tout dans Présumé coupable voulait donner l'image d'un type innocent, que j'ai pesté sur ce film, dans ma tête, dans ma jolie tête en fleur qui est la seule à avoir trouvé que le jeu d'acteur n'était pas bon. J'ai donc pris le parti des méchants, le jeune mec très beau et très classe et très sérieux qui joue le juge avec qui j'étais en accord suprême, car j'avais envie de lui donner des baffes à ce mec trop gentil et innocent. J'adore les méchants, je suis fan des méchants, ils sont bien mieux intéressant que les gentils, je le répète tout le temps et je ne m'en lasse jamais. J'adore les méchants. Je les aime. Et puis après, tout dépend lesquels.
De plus, ce film parle de la perversion comme si c'était quelque chose de tout à fait normal, ou alors ce sont les acteurs qui réagissent d'une façon blasé, surtout ce mec qui tient le rôle principal, au jeux merdique et pitoyable, celui-là même qui m'a fait détester le film. Et puis il a une gueule de cul ce mec.

Après tout ça, c'était un film policier habituel, mais c'est seulement à la fin que j'ai appris que c'était une histoire vraie. Ce qui dérègle un peu mon mode de penser. C'est horrible, je suis d'accord, c'est horrible d'être accusé innocemment de perversions sexuelles, abominablement horrible, mais ceci est un film, un film qui ne m'a aucunement touché. Peut-être allez-vous croire que je n'ai pas de cœur, si, j'ai un cœur, j'en ai même un très gros, mais seulement, il y a des choses qui me touchent et d'autres non. C'est comme ça, c'est le genre humains, tous les êtres humains sont les mêmes non ?
Et peut-être même que si ç'avait été la même histoire avec un acteur principal bien meilleur, j'aurais aimé !

Pour finir, je tiens à préciser que je n'ai pas vu le début du film (je suis arrivée en retard désolé--'), mais après tout, il me semble que je n'ai pas raté grand chose, et même si ç’avait été le cas, cela ne m'aurait pas tellement causé d'importance. Sur ce, au revoir et bonne séance !

PS : Eh oh, j'espère que vous allez encore m'aimer après ce que je viens de dire ici, puis dans une critique très longue en plus ! S'il vous plait, continuez à visiter mon blog je vous en supplie, cela me comble de joie ! 8-)




vendredi 9 septembre 2011

(BD) Pinocchio


Titre : Pinocchio
Auteur : Winshluss
Genre : bande-dessinée/roman graphique
Appréciation : Bien

Résumé : Les aventures d'un
petit robot nommé Pinocchio...

Extraits :







Critique : Le Pinocchio de Winshluss est tout d'abord une bande-dessinée. Une bande-dessinée qui réinvente à sa manière le roman de Carlo Collodi et le dessin-animé. Une histoire aux illustrations crades, noires, parfois gores mais tout en restant dans une sorte d'ironie. Pinocchio le petit robot à qui il lui arrive plein d'aventures, innocent en parfait petit robot. En parallèle, l'histoire de Jiminy Cafard qui vit dans la tête de Pinocchio, littéralement parlant. Blanche-Neige et les sept salopard, le gentil fermier avec sa gentille femme. La lesbienne. L'alcoolique. Tous ses bouts de vie, horribles, gores, drôles et décalés vont finir par se croiser à leur façon. Et les très peu de dialogues (l'alcoolique qui parle à son chat) sont sec, grossier, et étonnants de réalismes. L'auteur, quand au reste de son histoire, laisse les images raconter à la place des mots et c'est beau, c'est étonnant ses images qui savent si bien raconter ce que l'on ne dit pas.
Les illustrations sont belles, parfois étonnamment noires, étonnamment monstrueuses. Parfois, le noir et blanc prend place à la couleur, l'aquarelle apparait et c'est beau, très beau. Parfois, il y a juste un étonnant coup de crayon hachuré pour remplacer toutes ses couleurs.

Un livre glauque, noir, malsain et décalé. Un livre qui sidère par sa cruauté et son audace à retranscrire à sa façon un conte pour enfants en quelque chose de cru, malsain et décalé. C'est pour cela que j'ai voulu faire partager le Pinocchio de Winshluss. Car il est génial. Car il m'a sidérée. Car en dehors de toute cette noirceur, ce livre à quelque chose de poétique. Quelque chose qui touche. Sans doute est-ce le silence qui apparaît beaucoup dans les pages.

samedi 3 septembre 2011

Annonce…

Hello, chers lecteurs et lectrices !
Je me permets d'écrire une annonce de la part des trois rédactrices du blog : nous sommes en train de revoir la présentation de la barre latérale, et notamment en ce qui concerne les catégories de livres. Normal, donc, si vous ne retrouvez pas les catégories habituelles pendant un petit moment.

Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée, comme ils disent dans le métro.

vendredi 2 septembre 2011

Le Choix des Ombres

Titre : Le Choix des Ombres
Auteur : Brent Weeks
Genre : Fantasy
Appréciation : Bien

Résumé (attention, spoiler)
Kylar Stern a renoncé à sa vie d’assassin. Il a laissé derrière lui son maître Durzo et son ami Logan Gyre, laissés pour morts dans l’invasion brutale du pays par les armées du Roi-dieu. Kylar est parti s’installer une autre ville et a changé de métier.
Mais lorsqu’il apprend que Logan est toujours vivant et qu’il est retenu prisonnier, Kylar est confronté à un terrible dilemme : abandonner la voie des ombres à tout jamais et vivre heureux avec sa famille, ou bien replonger dans la violence pour sauver son pays et son ami… au risque de tout perdre.

(résumé repris du livre)

Extrait (ça, vous pouvez lire tranquille, je ne dis rien).

Mamma K disait qu'on devient le masque qu'on porte. Qu'y a-t-il sous notre masque à nous, Jarl ? Elène me connait comme personne. J'ai changé de nom, j'ai changé de vie, j'ai abandonné les endroits et les personnes que je fréquentais. Je ne suis qu'un tissu de mensonges, Jarl, mais si Elène sait qui je suis, peut-être que j'existe vraiment. Tu comprends ?
— Tu sais, dit Jarl. Je me suis trompé à ton sujet. Quand tu t'es fait tuer en sauvant Elène et Uly, je t'ai pris pour un héros. Je me suis trompé. Tu n'es qu'un pauvre type qui se déteste.
— Hein ?
— Tu es un lâche. Tu as fait des trucs dégueulasses, et alors ? Bienvenue au club. Tu sais quoi ? Je suis content que tu les aies faits. Tes crimes te placent un peu au-dessus des saints.
— Tu dis qu'un assassin est meilleur qu'un saint ? Qu'est-ce que c'est que cette putain de logique à la mode Sa'kagué ?
— Tu as été utile.Tu sais ce qui se passe à Cénaria en ce moment ? Tu ne me croirais pas si te le racontais. Je ne suis pas venu ici pour chercher un assassin, je suis venu chercher l'Assassin, l'Ange de la Nuit, l'homme qui est davantage qu'un simple pisse-culotte. Je suis venu le chercher parce que nous sommes face à des problèmes qu'un simple pisse-culotte ne peut pas résoudre. Il n'y a qu'une personne capable de nous aider, Kylar, et c'est toi. Crois moi, tu n'étais pas le premier sur ma liste…"

Critique (là aussi, c'est sécurisé.)

Brent Weeks est décidément ma révélation de l'année. On retrouve dans ce deuxième tome les personnages attachants et le rythme, frôlant la perfection, du premier tome. Il n'y a pas grand chose de plus à dire. Les personnages du Sa'kagué (la pègre de Cénaria) possèdent des personnalités très complexes, et, contrairement à certains livres de fantasy, on s'intéresse autant aux personnages secondaires qu'au héros.

Il y en a seulement un, ou devrais-je dire une, à cause de qui j'ai envie d'étrangler Brent Weeks. L'amoureuse de Kylar. Elène est parfaite, et c'est horrible. Elle est niaise au point de paraître stupide, elle fait ses prières tous les jours, bref, l'opposé de Kylar. Mais finalement, ça permet à Weeks de faire son topo sur l'opposition entre bien et mal, et tout et tout. Il le fait plutôt bien, d'ailleurs, mais ce sera mieux dans le prochain tome, vous verrez. Mouaif. Le prix à payer est de supporter cette fichue créature digne de la Reine Blanche dans le Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton.
Et ce con de Kylar qui cherche à l'imiter, à la suivre, à lui plaire ! Leur histoire d'amour est le seul bémol du roman. Le héros s'interroge sur la nouvelle vie qu'il veut mener, et c'est ça qui rend le début un peu fatiguant, on a l'impression que l'histoire piétine.

Mais bon, je ne laisserai les passages à l'eau de rose gâcher mon opinion sur le bouquin, alors laissons tomber et passons à une conclusion : ce deuxième tome est quasiment aussi génial que le premier. Toutes les intrigues mises ensemble étaient beaucoup moins difficiles à suivre que dans le précédent, et ça fait que je l'ai dévoré d'une traite. J'ai dû mettre du sable entre les pages, d'ailleurs, parce que sur la plage, c'est encore mieux.