samedi 21 août 2010

Moka


Titre : Moka
Auteur : Tatiana de Rosnay
Genre : Histoire de vie, littérature adulte
Appréciation : Coup de cœur

Résumé : Justine mène une petite vie tranquille entre son mari, ses deux enfants et son boulot de traductrice free-lance. Mais un mercredi après-midi, tout bascule. Un chauffard renverse son fils en plein Paris, et prend la fuite, à bord d'une berline couleur moka. Malcolm sombre dans le coma, l'enquête piétine...
Seule contre tous - ou presque, Justine veut découvrir la vérité. Jusqu'au bout. Et à n'importe quel prix.

(résumé repris du livre)

Extrait :

Il était chez lui. Odeur de cigarette qui passait sous la porte. Match de foot en fond sonore. Il était seul. De temps en temps, il répondait au téléphone. Conversations. Rires. Bruit de frigo qui s'ouvrait, d'une bière décapsulée. Bientôt les vacances. Il devait aller rejoindre "Sophie à Hossegor", dans quelques jours. La nuit tombait sur la ville poussiéreuse, sale. J'étais loin de chez moi. Cela faisait longtemps que j'attendais. J'avais chaud. Ce n'était pas grave. J'étais prête. C'était maintenant. Il était en pleine conversation, il répétait qu'il partait retrouver "Sophie à Hossegor", et j'ai sonné. Longuement. Il s'est tu. Je l'ai imaginé en train de jeter un regard rapide à sa montre, de se demander qui cela pouvait bien être, à cette heure-ci. Il a marmonné quelque chose, j'ai entendu le bruit du combiné qu'il posait, puis il a ouvert la porte d'un coup, sans exiger de savoir qui était sur le palier. D'un coup, comme ça, comme s'il n'avait pas peur de qui pouvait l'attendre, devant chez lui, si tard. Quand il m'a vue et m'a reconnue, son visage s'est figé. Il ne savait pas quoi me dire. Il devait penser que j'étais folle, pour avoir trouvé son adresse, pour débarquer comme ça chez lui, à cette heure tardive. Il portait un T-shirt noir, un jean usé. Il était pieds nus. Il faisait plus jeune que dans son commissariat, vêtu de son uniforme. Derrière lui, un grand studio, une bibliothèque, une télévision allumée. Nous sommes restés assez longtemps à nous regarder, sans parler. Puis il a esquissé un pas en arrière et m'a laissée entrer. Je suis passée devant lui, et je me suis assise sur un petit canapé, face à la télévision. Il se grattait l'oreille, perplexe. Il a refermé la porte, doucement, puis a baissé le son de la télévision, sans l'éteindre."
Critique : J'ai dévoré ce livre d'une traite, du même auteur que Elle s'appelait Sarah. Je suis resté en allène tout du long, face à l'écriture prenante, remplie d'émotions, on a le cœur serré, cette envie de pleurer qui ne vient pas. Les émotions sont incroyablement bien décrites. On est là, on est vraiment là, dans le livre, à la place de cette femme, à la place de son histoire qui semble tellement vrai, mélodramatique à en crever, prenante, prenante, si prenante... On en sort plus de ce roman psychologique...
Je me suis reconnu dans cette femme, moi qui suis pourtant une ado, cette femme qui n'ose rien, comme moi, qui a peur d'oser, mais finalement elle va se lancer. Et c'est là qu'on découvre la vérité qui apparaît comme un cheveux sur la soupe, on est scotché, on en veut encore, encore de ses mots, de ses phrases, de cette magnifique histoire. A la fin, on est heureux, on a envie de sauter de joie, mais c'est fini. C'est fini. Fini. L'histoire est fini bouhouhouhouuuuuu !!! Court roman, c'est comme ça...

Décidément, Tatiana de Rosnay n'a pas fini de me surprendre :)

lundi 26 juillet 2010

Derrière l'écran


Titre : Derrière l'écran
Auteur : Pascal Garnier
Genre : fantastique (?), littérature adolescente
Appréciation : Bof

Résumé : Jimmy et son père sillonnent les routes, des images plein la tête : ils ont fait de leur camionnette un cinéma itinérant. A eux les grands espaces, l'air pur, la liberté et les échanges avec le public ! Mais un soir, la camionnette tombe en panne sur une route isolée. Jimmy, parti chercher de l'aide, s'enfonce dans la forêt et se perd. Au milieu de la nuit, il découvre enfin un château, habité par une jeune fille énigmatique.
De cette rencontre inattendue naît une histoire d'amour où la vie, le merveilleux et la mort vont étroitement se mêler.

(résumé repris du livre)

Extrait :
Les essuie-glaces chassent la pluie en déployant leurs deux éventails sur le pare-brise. On dirait des bras agitant des mouchoirs. L'autoroute déroule devant nous une grande langue grise. Des gerbes d'eau jaillissent des roues des camions, pareilles à des moustaches de chat. Papa chante à tue-tête :
- "
Let the motor running all down the highway"... Easy rider, quel film ! Et quelle bande-son ! Les meilleurs groupes de rock de l'époque. Tu l'as vu ?
- Non. Ça parle de quoi ?

- Deux copains qui traversent les Etats-Unis sur des bécanes incroyables. Tu n'avais plus qu'une envie, tailler la route. C'est ce que j'ai fait. Rouler pour rouler, j'adorais ça. J'en ai vu, des pays, le monde n'avait plus de frontières, la Turquie, l'Iran, l'Afghanistan...

- Et ben, il est devenu tout petit, le monde. Y a plus moyen d'aller se balader dans ces pays-là, aujourd'hui ! C'est partout la guerre.

- C'est vrai. Mais tu n'as pas forcément besoin de te déplacer pour voyager. Regarde Jules Verne ! Il a été jusqu'au centre de la Terre sans bouger de son fauteuil ! Ah, prochaine sortie sortie, Valence sud. A partir de maintenant, on quitte la civilisation. Préparez les petits miroirs, la verroterie pour indigènes !

- T'exagère pas un peu ?

- A peine. L'imagination, ça se nourrit. A propos, tu n'as pas faim ?

- Si. Je mangerais un éléphant cru !

- Parfait ! Je connais un petit restau dont c'est la spécialité, à Saint-Péray. Dis donc ?
- Quoi ?

- Il ne pleut plus.
Un rayon de soleil filtre entre deux épaules de nuage, et c'est sous un arc-en-ciel de rêve que nous traversons le Rhône."

Critique : Whouah ! Le résumé donne vachement envie, hein ? Et ben détrompez vous. Ne vous faites pas avoir par se maudit résumé tout beau tout propre, tout bien écrit. Ce livre est un navet. Je n'ai pas du tout aimé l'écriture, sans aucun intérêt, avec des mots qui veulent faire bien comme il faut, avec des dialogues nuls, mais nuls ! On ne parle pas comme ça, normalement. Avec des grands mots ridicules, sans aucun style, sans rien. Sans poésie ("Un roman envoûtant et poétique" mon œil !) à part peu être la fin qui est assez correcte, mais je vais y revenir. Sans finesse, sans rien.
A aucun moments je n'ai partagé le point de vue de Jimmy et de son père. Ils m'ont paru tous les deux antipathique, surtout le père. Seule la fille était à peu près correct, et même un peu touchante. Jimmy me semblait idiot à certains moments, il ne comprenait rien, ou alors c'est moi mais je crois que ce n'est pas ce qu'à voulu dire l'auteur. Bref, j'étais totalement à l'ouest du livre. Vous est-il déjà arrivé de crier devant un film car le personnage ne fait pas ce que vous avez envie qu'il fasse ? Et bien pour ce livre, c'est exactement pareil. J'avais envie de crier fasse aux personnages, face à Jimmy d'une débilité monstre, qui ne faisait rien de ce que j'aurais voulu qu'il fasse. C'est décevant, et c'est la première fois que ça m'arrive face à un livre. On est en colère, on fait la grimace, mais on continue quand même à lire le livre car on a envie de savoir comment cette histoire va se finir, et pour la critique, bien sûr.
Venons à l'histoire. Trop merveilleuse à mon goût, trop château, princesse et que je t'en donne encore et encore. Bof. L'histoire avec le film est quand même assez mystérieuse et pas mal. Il n'y a que la fin qui est a peu près intéressante, et (miracle !) avec de la poésie, quand même. Comme quoi, ça vaut parfois le coup de ne pas s'arrêter en plein milieu des livres (de toute façon, je suis incapable de ne pas finir un livre. Ou alors si, mais il y a un sentiment dérangeant d'inachèvement qui me plombe la tête quand je laisse un livre en plein milieu. Ça m'est déjà arrivé pour Dracula, que je regrette d'avoir laissé tombé) Mais il y a toujours cette écriture qui me gêne.
Un livre que je ne vous conseil évidemment pas. A laisser tomber !

dimanche 25 juillet 2010

La Brigade de l'Oeil


Titre : La Brigade de l'Oeil
Auteur : Guillaume Guéraud
Genre : science-fiction, littérature adolescente
Appréciation : J'ai adoré

Résumé : Rush Island, 2037. La loi Bradbury interdit toutes les images depuis vingt ans sur l'ensemble du territoire. La propagande matraque : "Les photographies sont nocives. Le cinéma rend fou. La télévision est l'opium du peuple." Les agents de la Brigade de l'Oeil, les yeux armés du gouvernement, traquent les terroristes opposés à cette dictature. Brûlent les images encore en circulation et les pupilles de ceux qui en possèdent. Parce qu'un bon citoyen est un citoyen aveugle.

(résumé repris du livre)

Extrait :

- Est-ce que le cinéma ressemble à ça ? lui demanda Kao - son visage semblait sortir d'un gouffre sans fond.
- A ça et à mille autres choses différentes.

A une armée de fantômes - peut-être. A un baiser échangé comme un mensonge, entre deux portes obscures, par un homme et une femme que tout oppose - peut-être. A des cheveux sauvages, les naseaux couverts d'écume, la crinière secouée par des tourbillons de vent, leurs ombres cruelles s'étirant comme celles de gigantesques et irréductibles créatures au-delà du monde - peut-être.

"Que le monde est grand à la clarté des lampes !" avait récité Emma.
Pas "grand" - monstrueux.

"Que le monde est monstrueux à la clarté des lampes !" se répétait Kao.

Une autre phrase lui revient en mémoire.

- Ma mère dit que le cinéma substituait à notre regard un monde qui s'accordait à nos désirs... souffla-t-il.
Mais
Nuit et Brouillard ne cadrait pas avec cette définition.
- Le cinéma est plutôt comme une bataille, déclara Fuji.
- Une bataille contre quoi ?
- Contre mille ennemis différents et contradictoires. Contre l'ennui. Contre la frénésie. Contre le quotidien désenchanté. Contre les lendemains qui chantent. Contre les bourrasques qui avalent nos cauchemars. Contre les usines qui broient nos rêves. Contre les laisses invisibles qui nous étranglent. Contre les habitudes qui nous ferment les yeux.
Fuji soupira et reprit :
- Et dans cette bataille,
Nuit et Brouillard, avec son texte et ses images implacables, lutte aux avant-postes. Contre l'oubli. Contre les monstres du passé. Contre l'effacement des crimes effroyables de l'Histoire. Nuit et Brouillard lutte contre tout cela. Et prouve que le cinéma peut abriter le temps. »
Critique : Cet univers d'images et de cinéma m'a fasciné. Les propos contre et pour le cinéma m'ont fait réfléchir, m'ont fait approuver. Comment ne pas aimer un livre avec de tels propos ? Ils nous font rappeler ce qu'est le cinéma et j'ai trouvé ça fantastique ! L'histoire était génial, alternant de chapitres en chapitres, le point de vue de la Brigade de l'Oeil au point de vue du héros. Et bien sûr, comme d'habitude le héros se rebelle contre les méchants, et ça va se finir bien comme il faut et patati et patata... C'est ce que je croyais. Bien sûr, comment le héros ne peut-il pas se rebeller dans un livre comme celui-ci ? Mais le livre se finit mal. Et c'est génial, car moi qui m'attendais à ce que les gentils gagnent, et bien non, ce sont les méchants qui prennent le dessus :) Et c'est à cause de cette fin spectaculaire et inattendu que j'ai hésité à mettre un coup de cœur, que je n'ai pas mis. Car il y a du déjà-vu dans ce livre. Les gentils qui se rebellent ect... on a déjà vu ça des milliers de fois et ce n'est pas une surprise. De plus, l'auteur aurait pu creuser un peu plus dans l'histoire, car je trouve que ce n'est pas assez approfondi, on reste en surface, on en dit bien plus sur le cinéma que sur les images...
La scène où Kao diffuse Les Temps Modernes dans une salle de théâtre est très touchante. On sourit, on rigole, on a envie de pleurer, un peu, aussi. C'est mon passage préféré.

Bref, c'est un bon livre de science-fiction tout de même. J'ai trouvé le sujet génial, il nous fait réfléchir sur le cinéma.

mardi 20 juillet 2010

(film) Babel


Réalisé par Alejandro González Inárritu
Avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael García Bernal

Date de sortie cinéma : 15 novembre 2006
En DVD depuis le : 5 novembre 2007
Genre : Drame
Durée : 02 h 15

Synopsis : En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une
adolescente japonaise dont le père est recherché par la police à Tokyo...

(résumé repris du DVD)

Critique : La musique est très belle, c'est bien filmé. C'est beau le Maroc, ça donne envie d'y aller, avec toute cette population, et le Japon aussi, qu'est ce que j'aimerais y aller... J'ai bien aimé cette façon d'aller de personnages en personnages, j'ai bien aimé la japonaise et son entourage, j'ai bien aimé sa petite bouille très jolie, cet effet qui rend très bien ce qu'elle ressent quand elle est en boite, cet effet de malaise, et puis on voit comment elle voit les choses, le silence plombant qu'il y a dans ses oreilles de sourdes-muettes. J'ai trouvé ça génial. On s'apitoie sur le sort de Brad Pitt et de Cate Blanchett, on s'apitoie sur le sort des petits marocains et de leur père, on est triste, c'est triste, la musique en rajoute encore plus, cette très belle musique, on a envie de pleurer mais on ne pleure pas.
Jusque là, tout va bien, c'est un film dramatique à en crever, avec un Brad Pitt qui est tout autant dramatique à en crever. Oui, jusque là tout va bien mais... y'a un mais. Voilà le gros problème, voilà le gros navet, l'énormité du film : la fin. La fin, mais y'a pas de fin, qu'est ce que c'est que cette fin de merde, ça doit pas se fini , ici, à cet endroit exact, y'a encore plein de choses à raconter sur les personnages, mais qu'est ce que c'est cette fin de merde bordel ! On voit la caméra qui s'éloigne petit à petit sur la ville, de plus en plus, de plus en plus, je me dit "mais merde c'est pas possible, ça peut pas se finir ça peut pas se finir, non, nooooooooon, c'est pas fini, c'est quoi ce bordel, y'a encore plein de truc à raconter ! Et les petits marocains et leur père ? Et la nourrice ? Mais b....... de m.......... !!!!!!" Pas que j'ai pas envie que le film se finisse parce qu'il était tellement bien hein ? C'est pas ça. Et qu'est qu'on fait des petits marocains et de la nourrice mexicaine ? On s'en fout peut être ? On va les laisser crever là. Comme toujours les Américains ont le bon rôle. Ce qui importe c'est que Brad Pitt et Cate Blanchett et leurs enfants sont sauvés, voilà tout, c'est des Américains, les Marocains et les Mexicains on les laissent crevé c'est bien normal... enfin, est-ce vraiment normal ?
La caméra s'éloigne de plus en plus jusqu'à ce que des inscriptions défilent sur l'écran, c'est fini, j'en crois pas mais yeux. Mais c'est quoi cette merde !!!!! J'ai envie de m'arracher les cheveux, j'y crois pas, c'est pas une fin ça, mais p........ c'est pas possible, dites moi que c'est pas possible !
Et voilà que ce film à reçu le prix de la mise en scène, il a été élu meilleur film dramatique avec 7 dominations aux Oscar, "L'un des meilleurs films de l'année", dit Première, "Cette quadruple intrigue permet à inarritu de mettre en valeur sa virtuosité narrative (et) sa maîtrise de la direction d'acteurs" dit Le Monde (j'y comprend rien), "Brad Pitt n'a jamais été meilleur" dit Télérama. Je ne suis pas du tout d'accord sur ses points. Et puis, Brad Pitt n'était pas exceptionnel dans ce film. Qu'est ce que doivent être les précédents films alors, si Brad n'a jamais été meilleur dans celui-ci ? C'est mon acteur préféré...

lundi 19 juillet 2010

(film) Lost in Translation


Réalisé par Sofia Coppola
Avec Bill Murray, Scarlett Johansson, Giovanni Ribisi

Date de sortie cinéma : 7 janvier 2004
En DVD depuis le : 7 septembre 2004
Genre : Comédie dramatique
Durée : 01 h 42 min

Synopsis : Bob Harris, star de cinéma sur le déclin, arrive à Tokyo pour tourner une publicité. Du haut de son hôtel de luxe, il est détaché de tout, incapable de s'intégrer ni de dormir à cause du décalage horaire. Dans ce même hôtel, Charlotte, une jeune Américaine tout juste diplômée, accompagne son mari, photographe de stars. Elle s'ennuie et se sent délaissée, jusqu'à ce qu'elle rencontre Bob. Perdus dans un univers inconnu, ces deux êtres à la recherche d'affection vont errer ensemble dans Tokyo, la nuit.
(résumé repris du DVD)

Critique : Que dire de ce film ? Et bien, j'ai adoré. Scarlett Johansson est magnifique (j'adore sa voix en anglais^^), elle crève l'écran, Bill Murray est très drôle, ce qui donne un très beau film émouvant, comique, tout en finesse. La B.O est génial, bref, Sofia Coppola n'a pas fini de m'étonner ! Et ben oui, deux films de cette réalisatrice à la suite ! (voir Virgin Suicides) La fin est émouvante, de quoi verser une larme, on reste figé à l'écran sans en perdre la moindre miette, on est troublé, fasciné. Quand le générique se déclenche, on reste les yeux fixés sur l'écran, on ne dit rien, on est ému, ému, on reste là, à écouter la musique génial du générique. Comme dans Virgin Suicide. Sofia Coppola semble très doué pour marquer les spectateurs :)

Le Japon est décidément un pays qui m'attire beaucoup, Tokyo doit être une ville magnifique !

dimanche 18 juillet 2010

(film) Virgin Suicides


Réalisé par Sofia Coppola
Avec Kirsten Dunst, James Woods, Kathleen Turner

Date de sortie cinéma : 27 septembre 2000
Genre : Drame
Durée : 01 h 36 min

Synopsis : Dans une ville du Michigan, au milieu des années soixante-dix, les garçons n'ont d'yeux que pour les cinq sœurs Lisbon. Toutes plus belles et plus mystérieuses les unes que les autres, elles attisent la curiosité d'une bande d'adolescents qui, découvrant l'amour, sont prêts à tout pour faire leur connaissance et pour percer le mystère qui les entoure. Mais leur passion pour les jeunes filles va brusquement les confronter aux réalités de l'âge adulte et les marquer à jamais.

(synopsis repris du DVD)

Critique : Maintenant que j'ai une vision d'ensemble, je me rend compte que ce film est très étrange et mystérieux. En fin de compte, on ne connais pas vraiment les sœurs Lisbon, et pourtant elles sont quasi présentes tout du long. Kirsten Dunst, la rouquine de Superman est magnifique dans ce film, en blonde cette fois. La B.O de Air est génial et les couleurs, vieillis, rendent très bien. La façon de filmer de Sofia Coppola est intéressante, on sent qu'il y a un truc. Le début a quelques longueurs d'après moi, mais ses longueurs disparaissent grâce à l'apparition de Trip Fontaine, qui mets de la couleurs dans ce film morbide. La fin est dramatique à en crever, on reste là sur sa chaise, devant le générique, à écouter la belle voix planante de Air en repensant au film et aux costumes années soixante-dix, ringards à en crever...

jeudi 15 juillet 2010

Je vais bien, ne t'en fais pas


Titre : Je vais bien, ne t'en fais pas
Auteur : Olivier Adam
Genre : Histoire de vie, littérature adulte
Appréciation : J'ai adoré

Résumé : Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnés sur un papier. Il va bien. Il n'a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l'aime. Rien d'autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu'il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n'était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d'explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C'est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d'une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.

(résumé repris du livre)

Extrait :

Claire claque la porte et tourne les clés. Il est dix heures. Elle commence à onze. Le Shopi ferme à vingt et une heures, elle fait la fermeture. Elle descend les escaliers quatre à quatre. Au kiosque, elle achète Libé. Il fait déjà chaud et elle ôte son gilet. La brasserie où elle a ses habitudes est fermée. C'est le mois d'août. Elle entre dans un petit café où trois vieux discutent football, devant leur troisième ballon de rouge. La patronne la salue à peine, la fait répéter deux fois lorsqu'elle commande son café et son croissant. Elle étale son journal sur la table, va directement à la page des annonces. Avec Loïc, ils lisaient toujours cette page, alors elle se dit qu'il pensera peut-être à lui laisser un message. Le café est très chaud. Elle se brûle un peu, repose la tasse, souffle sur une mèche. Elle a relevé ses cheveux presque roux et très lisses en une sorte de chignon flou et artistique. Elle se voit dans le miroir. Les vieux la regardent. Machinalement, elle amorce le geste de tirer sur sa jupe. Mais aujourd'hui, elle porte un pantalon. Les vieux s'échangent vaguement quelques tuyaux, cochent les cases d'un bulletin de P.M.U. Claire feuillette son journal. Très distraitement. Elle grimace un peu en finissant son café. Juste au moment où elle avale le petit dépôt de sucre qui est resté au fond. Elle pose quelques pièces de monnaie près de sa tasse, se lève et s'en va. Elle dit au revoir. Personne ne lui répond."
Critique : J'ai longtemps vu ce petit livre dans les librairies, les Leclercs et l'ayant feuilleté, je n'osais pas le prendre à cause de cette écriture si spéciale, légère, écrite à la troisième personne, faite de petites phrases mises bouts à bouts, de descriptions simples et délicates. Ayant vu le film, je voulais absolument lire le livre. Alors voilà, une amie me l'a prêté, l'occasion idéale pour lire ce livre. Et j'ai adoré. Tout simplement. N'empêche, j'avais adoré le film aussi.

L'écriture est si simple, si légère, on s'y habitue au bout d'un moment, avec ses mots si délicats, si fragiles qu'on pourrait les louper. Tout comme les personnages, tout comme Claire, si touchante, si fragile. Aucunes émotions, aucuns sentiments, rien que des descriptions simples, et pourtant, on perçoit l'émotion des personnages. La magie de l'écriture...
Ce livre est court, ce lit en une journée, on savoure chaque mots de peur de briser la glace, ses mots si fragiles, cet univers si fragile, avec cette histoire si délicate qui nous fait verser une larme. Tout du long, on est tellement pris par le style qu'on oublie le film, tellement le livre est différent grâce au style, avec une histoire qui est pourtant la même.