dimanche 11 juillet 2010

Je ne t'aime pas, Paulus


Titre : Je ne t'aime pas, Paulus
Auteur : Agnès Desarthe
Genre : Histoire de vie, littérature adolescente
Appréciation : J'ai adoré

Résumé : "Il y a Paulus Stern qui est amoureux de toi." Voilà ce que s'entend dire Julia, un matin, de la bouche de sa meilleure amie Johana.
Il faut préciser que Paulus Stern est le garçon le plus beau du monde et de ses environs, et que Julia est censée tomber raide morte, et verser des larmes de reconnaissance.
Mais sa réaction est plus nuancée. Et si c'était un de ces complots où l'on engage un type craquant pour séduire la mocheté du coin, se dit Julia tout en essayant de se regarder dans une glace sans ses lunettes, ce qui ne peut guère la renseigner sur ses atouts.
Mais cette nouvelle a au moins le mérite de la distraire d'une ambiance familiale pas franchement grisante depuis que son père est au chômage. Ses parents, histoire de voir le bon côté des choses, passent leur temps assis dans le noir à se lamenter et à se faire du chantage au suicide. Ils ont aussi supprimé les sports d'hiver, et pendant qu'ils y étaient, Noël. Quant à Judith, la petite sœur de Julia, elle vient de rebaptiser sa poupée préférée "Tu pues".
Plus que distraite, Julia se sent perturbée - perturbée étant le mot faible - par les avances du beau Paulus, surtout lorsqu'il se met à plagier Apollinaire pour exprimer sa flamme. Mais le jour où Paulus téléphone, il se passe une chose épouvantable.

(résumé repris du livre)

Extrait :

- Julia, qu'est-ce que ça peut te faire que Judith mette un maillots de corps ? Tu détestes les maillots de corps. Je dois me battre chaque matin avec toi pour que tu acceptes d'en mettre.
C'était bien la première fois que j'entendais ma mère utiliser un argument logique et rationnel pour trancher dans une dispute entre ma sœur et moi. D'habitude c'était toujours : "Elle est plus petite, tu dois donner l'exemple, elle ne peut pas comprendre, mais toi tu dois être raisonnable, elle n'a pas fait exprès, mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu, tu n'as pas de cœur, viens dans mes bras ma petite chérie, non, pas toi, Judith." Pour une fois, elle avait totalement raison. J'aurais dû remercier Judith à genoux de m'avoir piqué un maillot de corps, j'aurais même dû lui proposer de lui céder gratis tous les autres. Peut-être pas gratis, parce que c'était dommage et que ça lui aurait donné une fausse idée de la vie, alors disons, le lot de sept pour dix francs. Enfin, peut importe, ce qui comptait vraiment à cet instant, c'est que ma mère, pour la première fois de sa vie, avait réagi comme une personne normale. Je la regardai stupéfaite. Des larmes de plus en plus grosses coulaient de ses yeux. J'étais gênée. Judith se jeta à ses pieds, s'enroula autour de ses jambes comme un mini-cobra et se mit à crier :
- Maman je t'aime, maman je t'aime.
Quelle indécence ! On se serait cru dans La petite maison dans la prairie. Les mélodrames d'amour filial c'était pas le genre de la famille. Ma mère n'était pas une personne qui vous donnait envie de vous jeter sur elle pour lui faire des câlins sauvages. Même Judith, qui était sa chouchoute, avec au moins quinze longueurs d'avance sur moi, et qui, en plus, était assez gnan-gnan de nature, ne se permettait pas des épanchements de ce genre d'habitude. Quant à moi, voir ma mère pleurer me donnait plutôt envie de m'enfuir en courant que de la serrer dans mes bras. J'avais honte, honte pour elle et honte pour moi et je lui en voulais horriblement. Une mère n'a pas le droit de faire ça à ses enfants, elle n'a pas le droit de se mettre à pleurer, comme ça, tout doucement en disant des trucs sensés pour la première fois de sa vie."
Critique : Ce livre est très drôle, et en plus de ça, l'histoire est très touchante. Je me suis prise de fous rires à certains moments, face aux anecdotes de Julia et au style, qui fait réfléchir quand on y pense, d'une simplicité drôle et touchante qui donne envie de continuer au plus vite dans l'histoire. "Tiens, elle a raison", nous arrive-t-il de penser face au style.
Je me suis beaucoup identifié à Julia et ses fragments de vie nous font sourire, nous reconnaissant dedans.
La relation entre Paulus et Julia est drôle, touchante, délicate, belle et maladroite, une relation qui nous donne envie d'exploser de joie, d'exprimer son bonheur au monde entier. A la fin, on est ému, trop de bonheur surgi de nul part, on n'a qu'une hâte, lire la suite "Je ne t'aime toujours pas Paulus".

samedi 10 juillet 2010

La Cité des Livres Qui Rêvent

Titre : La Cité des Livres Qui Rêvent
Auteur : Walter Moers
Genre : Fantasy
Appréciation : Coup de cœur

Résumé : « Ici commence l'histoire. Elle raconte comment je suis entré en possession du Livre sanglant, comment j'ai atteint l'Orm. Cette histoire n'est pas destinée aux lecteurs au cuir tendre et aux nerfs fragiles - à qui je recommande d'emblée de reposer cet ouvrage. [...] Oui, je parle d'un pays où la lecture peut rendre fou. Où les livres risquent de blesser, d'empoisonner, et même de tuer. Seul celui qui est prêt à accepter le risque de me lire, à mettre sa vie en jeu pour avoir sa part de mon histoire, doit me suivre jusqu'au prochain paragraphe. [...]. Mais ne perdons pas plus de temps et entamons notre périple. Car il s'agit bien d'un voyage qui nous mènera à Bouquinbourg, la Cité des livres qui rêvent ».
Le récit fantastique, onirique et horrifique d'Hildegunst Taillemythes, jeune dragon et poète qui bravera tous les dangers des catacombes de Bouquinbourg, hantées par le Roi des Ombres, pour retrouver l'auteur du manuscrit parfait.

(Résumé repris du livre)

Extrait :

Un jour, racontait Clairdepluie, les Biblachimistes voulurent fabriquer un géant, une gigantesque créature en papier qui devait protéger Bouquinbourg de tous ses ennemis. On fit bouillir des livres, on mélangea de l'encre d'imprimerie et des herbes, on se livra à des actes rituels, et l'on finit par modeler un personnage haut comme trois maisons, fait d'une bouille de papier, de carcasses d'animaux broyées et de terre du cimetière de Dull. On l'aspergea d'encre pour qu'il soit encore plus effrayant et on le nomma l'Homme noir. Puis dix Biblachimistes mirent fin à leurs jours et offrirent leur sang afin de le lui injecter.
Pour finir, on lui ficha une barre de fer dans la tête, et, un jour d'orage, on lui planta les pieds dans deux baquets remplis d'eau. Un violent éclair traversa la barre de fer et lui donna vie. L'Homme noir poussa un cri terrible et, parcouru de décharges électriques, sortit de l'eau. Les Biblachimistes exultaient et jetaient leur chapeau en l'air, quand l'Homme noir se pencha, se saisait de l'un d'entre eux et l'avala tout cru. Puis il se mit à déambuler à travers la ville, attrapant et engloutissant les habitants éperdus qui se présentaient sur son passage. Arrachant les toits des maisons, il y plongeait la main et prenait tout ce qui bougeait pour le dévorer.
Un Bouquinbourgeois courageux finit par l'enflammer avec une torche. Mais, titubant et hurlant, le géant parcourut la ville et mit le feu au maisons, aux rues, les unes après les autres, jusqu'à ce qu'enfin il s'effondre en ne laissant qu'un tas de cendres grises. Ce fut, dit on, le premier grand incendie de Bouquinbourg.

[...] Il se pouvait qu'un marchand de livres d'occasion distrait ait renversé une lampe à huile et que, durant de siècles, on ait brodé cette histoire à faire dresser les cheveux sur la tête. [...] Cependant, quand on se glissait entre ces ruines d'un noir de jais, ce vieux conte de nourrice paraissait plausible. Si un jour en Zamonie on avait changé l'encre d'imprimerie en sang, ça ne pouvait être qu'au cœur de cette ville folle. [...] Le centre de Bouquinbourg était un monde intermédiaire entre la folie et la réalité, une alchimie liquéfiée en architecture. »

Critique : J'ai trouvé ce livre par hasard à la médiathèque. Ou plutôt retrouvé ; je l'avais offert à une copine il y a longtemps, et quand je l'ai vu parmi les romans jeunesse, je me suis dit que c'était l'occasion de le lire. Je n'ai pas été déçue. C'est un pavé de 450 pages, étonnant et passionant, de la première à la dernière ligne.
D'abord, c'est très bien écrit (et bien traduit, par François Mathieu et Dominique Taffin). J'ai adoré le style de Moers, aussi foisonnant que l'univers du livre, et, miracle, même les (fréquentes et longues) descriptions ne sont pas ennuyeuses. Il écrit avec un certain humour, mais toujours très détaché, un peu pince-sans-rire. Il se présente comme un simple traducteur du zamonien, qui ne fait que traduire l'ouvrage d'Hildegunst Taillemythes).
Autre chose aussi, les superbes illustrations en noir et blanc, très poétiques et humoristiques, par l'auteur lui-même.

Enfin, le monde zamonien m'a fascinée. Les créatures étranges sont plus ou moins inspirées de diverses mythologies (harpies, vampires, dragons, cyclopes) mais paraissent venir de la seule imagination de l'auteur tant elles sont incroyablement détournées. Bouquinbourg est une ville dont la vie tourne exclusivement autour des livres et de la littérature (jusqu'aux pâtisseries servies avec votre café). On y croise le cimetière des poètes oubliés, où des écrivains ratés écrivent sur des bouts de cartons des poèmes en échange de quelques piécettes, des livres vivants, hérissants, dangereux, empoisonnés, griffus, des créatures aux multiples pouvoirs, au destin tragique, aux inventions géniales, aux desseins menaçants. Des librairies qui ne vendent que des livres rares, spécialisées dans la voyance, ou dans les ouvrages inachevés d'auteurs morts avant d'avoir pu les terminer.
Moers créée ainsi un monde immensément riche et complexe, où il est dangereux de se fier aux gens et où règnent méfiance et rivalités entre écrivains. Dangers qui feront l'éducation du héros, encore jeune (77 ans seulement) et peu prudent, sceptique vis-à-vis des goûts et des croyances des écrivains plus âgés. On est plongé dans l'aventure qui mêle allègrement réel et imagination (jusqu'à la folie, en fait). Le héros s'adresse de temps au lecteur, ce qui donne encore plus de vie à l'histoire, à la manière d'un livre dont vous êtes le héros. Et puis, il y a tellement de mots extraordinaires, de termes savants, d'inventions, que Moers a fini par imaginer un univers complet, un autre monde (quoi que la Zamonie soit sur Terre).

Ici commence l'histoire.

vendredi 9 juillet 2010

Âmes perdues


Titre : Âmes perdues
Auteur : Poppy Z. Brite
Genre : science-fiction, littérature adolescente
Appréciation : Coup de coeur

Résumé : A quinze ans, Nothing, adolescent rebelle et mal dans sa peau, s'enfuit de chez ses parents. Sa route croise celle des Lost Souls, créatures étranges, vêtues de noir, qui boivent une liqueur au goût de sang. Insatiables, sensuels, sauvages, ce sont des prédateurs sans loi qui n'obéissent qu'à leurs instincts. Avec Molochai, Twig et Zillah, Nothing part en quête d'amour, de sexe et de violence au son de longs riffs lancinants dans les boîtes punk de la Nouvelle-Orléans et découvre la vérité sur ses origines...
Poppy Z. Brite nous entraîne dans un univers noir où les vampires profitent de leur immortalité pour s'adonner à toutes les perversions et braver tous les interdits de la société puritaine américaine.

(résumé repris du livre)

Extrait :

(...) Ils s'arrêtèrent dans un restaurant Waffle House. Molochai avait envie d'une tarte, Twig d'un hamburger bleu, mais Zillah se contenta d'un verre d'eau et Nothing s'abstint de manger quoi que ce soit. Il sentait déjà l'acide lui chatouiller les entrailles.
Molochai et Twig tapaient des mains sur la nappe crasseuse, riant de quelque obscure plaisanterie. Molochai entreprit de dépiauter des morceaux de sucre. Zillah restait silencieux, mais Nothing avait conscience de son regard, vert et exigeant. Nothing joua avec le pot de crème, déchira une serviette en papier. Que devait-il faire ? Que souhaitait Zillah ?
Il se tourna vers Molochai et Twig, en quête d'un quelconque indice, mais ils étaient occupés à se disputer. Apparemment au sujet de la place que chacun occupait sur son coin de siège. "Je n'ai qu'un centimètre...
- Je le sais, crétin. Qu'est-ce qui te prend de parler de ta bite ?"
L'estomac de Nothing se noua, sa tête chavira. A côté du trip qu'il vivait en ce moment, les deux précédents ressemblaient à des jeux d'enfant, à des rêves à l'intérieur d'autres rêves. Des milliers de doigts microscopiques s'agitaient dans son corps, rampaient dans ses organes. Il se frotta les mains sur les joues. Sa peau lui paraissait engourdi, tendue, caoutchouteuse. Son gosier se contractait, s'obstruait. Il respira à fond et réussit à déglutir. La salive coula le long de sa gorge, sirupeuse, laissant sur les parois de chair un sillage visqueux. Il lui vint alors une idée qui ne lui était jamais venue avant ce jour : où allait la salive quand il l'avalait ? Descendait-elle dans son estomac, et cela voulait-il dire que son estomac était empli de salive ?
Il aurait voulu cesser de penser.
Il se tourna vers Molochai et Twig, qui semblaient occupés à se refaire une beauté. Twig attrapa un crayon, ouvrit l'oeil gauche de Molochai, traça une ligne tremblante à l'intérieur de sa paupière. Molochai n'émit aucune protestation. En dépit de leurs incessantes disputes, ces deux-là semblaient avoir l'un dans l'autre une confiance aveugle.
Nothing baissa les yeux, contempla la table. On avait servi ses convives et ils avaient dévoré leur repas; des restes mutilés étaient éparpillés sur la nappe. Ceux du hamburger de Twig, fragments de viande et d'oignons collés à des bouts de pain tachés de rosé. Ceux de la tarte de Molochai, taches de fraise marbrées de crème fouettée, aussi sanguinolents qu'un animal tué par un chauffard. Au milieu de ce carnage se dressait le verre de Zillah, immaculé, vierge de toute trace de doigts, à moitié plein d'eau fraîche.
Molochai plongea ses doigts dans la tarte et les lécha soigneusement. Il lança un sourire en direction de Nothing. Ses yeux n'étaient apparemment que pupilles, noirs et immenses, éclairés d'une lueur de folie. Ses dents étaient imprégnées d'une purée rougeâtre où nageaient des bouts de fraise. Nothing repensa à la bouteille planquée sous le matelas dans la fourgonnette, encore à moitié pleine. Le goût du sang lui remonta à la bouche. Avoir partagé leur étrange cocktail le rendait plus proche de ses compagnons que ne l'aurait fait une quelconque drogue ou une quelconque partouze. Il avait l'impression d'être partie intégrante de leur monde nocturne et psychédélique.
Car le sang est la vie..."
Critique : Les premières pages m'ont ensorcelées. Je me suis enfoncée dans les profondeurs de cet étrange univers, noir, malsain sans en perdre la moindre miette. Rempli de sexe, de drogue, d'alcool, de violence, de sang, de gothiques aux cheveux longs, vampires, homosexuels, bisexuels. De scènes de sexes, cru, très cru, si cru qu'on en est littéralement captivé, avec un beau style écrit à la 3e personne (et je me rend compte que moi qui ne lis presque que des livres écrits à la 1e personne, la 3e personnage est un style tout simplement incroyable. On peut dire tellement plus de choses avec ce style !), passant de personnages en personnages qui vont finir par se croiser, alternant des points de vue différents quand la même scène se passe, et j'ai adoré ceci.
Captivé par cet univers si glauque, j'ai dévoré le livre, j'ai avalé tous les mots, jusqu'au point de manger la couverture ;-) Mais non Alma, ne t'inquiète si tu lis ceci, c'est une petite blague de mon invention :)
Et puis il y a la vérité aussi. Poignante, qui vient comme ça, sans prévenir. On est surpris. Il y a l'écriture à ce moment là, douce, belle, nostalgique, poétique. Qui décris la scène, l'attroupement des personnages, leurs réactions. Et puis pendant ce temps là, avec la fille, il se passe quelque chose qui va tout bouleverser sans que personne ne le sache.
J'ai adoré cette scène.

Je me suis attaché à ces personnages si étranges, si malsains, tous sans exceptions, pourtant si touchants, à part le personnage d'Arkady (qui apparaît vers la fin) que je n'ai pas du tout aimé.

Si vous avez un cœur de pierre pouvant supporter les détails crus d'une scène de sexe, le déchiquetage d'un cadavre gore de nos amis vampires, et cet univers noir que je viens de vous parler, et bien, vous êtes prêts à lire ce livre. Sinon, vaut mieux laisser tomber, ne pas lire cet article, à moins qu'il ne vous ai déjà fort abattu, si c'est le cas, éteignez votre ordinateur et courez vous affairez à des choses plus plaisantes :)

Après ça, je ne sais plus quoi lire moi... Comment pourrait-on se remettre à lire quelque chose d'autre après avoir lu ça ? Comment pourrait-on sortir de cet univers si incroyable pour revenir à des choses plus banales qui m'attendent déjà et qu'il faut que je lise ? Je ne sais pas, mais il faut que je le face. Car plusieurs livres m'attendent...

Voici les autres livres de cet incroyable auteur, à la petite bouille toute mignonne et à la jolie coupe en carré :

- Contes de la fée verte, 1997, Editions Denoël, collection Présence du futur

- Courtney Love, 1999, Editions Denoël, collection X-trême

- Self made man, 2001, édition Au Diable Vauvert

- Coupable, 2002, édition Au Diable Vauvert

- Plastic Jesus, 2002, édition Au Diable Vauvert

- La cuisine du diable, 2004, édition Au Diable Vauvert

- Le corps exquis, 1998, Editions J'ai lu

- Sang d'encre, 1999, Editions J'ai lu

- Eros vampire, 2002, Editions J'ai lu

Donc j'essayerais de lire les autres livres du même auteur :)

Enfin, un immense merci à Alma qui m'a prêté ce livre :)

mercredi 7 juillet 2010

(film) Petits meurtres à l'Anglaise


Réalisé par Jonathan Lynn

Avec Bill Nighy, Rupert Grint, Emily Blunt


Date de sortie cinéma : 7 juillet 2010

Genre : Action, comédie, drame

Durée : 01 h 38 min


Synopsis : Victor Maynard , un assassin vieux et solitaire, vit pour satisfaire sa formidable mère Louisa. Sa routine professionnelle est interrompue quand il se trouve attiré par l'une de ses prochaines victimes, Rose. Il épargne sa vie et obtient inopinément un jeune apprenti dans le processus, Tony.



(Source : AlloCiné)


Critique : Je ne sais pas quoi penser de ce film. Je suis allé le voir car Rupert Grint, le petit rouquin d'Harry Potter jouait dedans. J'étais parti, curieuse de découvrir une autre image du petit sorcier à la chevelure rousse. Mais voilà, dans Petits meurtres à l'Anglaise, Ron a toujours les cheveux roux, cet air bénet qui le caractérise si bien et de plus il a exactement la même voix niaise que son sosie. La seule chose qui change est le filet de barbe qui entoure sa bouche et son menton, son prénom, et ses fringues, heureusement. Ca ne l'aurait pas fait si Rupert Grint se ramenait avec sa cape et sa baguette de sorcier :p Mais bon, c'était marrant de voir un autre bonhomme avec des fringues différentes, jouant un autre rôle, surtout qu'il a une carrure que j'ai bien aimé même si le personnage était pas réussi selon moi. (A propo, j'ai bien aimé ces fringues^^)

Donc voilà, j'ai été déçu par l'acteur, tu pourrais faire mieux Ruru ! Peut-être est-ce le fait aussi qu'il a trop gardé son image du gentil Ron qui fait rire tout le monde et qu'on arrive pas à le voir sous différentes faces. Il a pas réussi à ce détaché du sorcier qu'il joue dans Harry Potter et c'est bien dommage. Un point en moins pour Ruru :(

Les deux autres acteurs, cependant, jouaient vraiment très bien. J'ai beaucoup aimé la fille, et le vieux bonhomme était extraordinaire. J'ai adoré toutes ses petites mimiques et l'interprétation de son personnage. Vraiment cool, monsieur Bill Nighy :)

Les méchants étaient géniaux aussi. J'ai adoré le blondinet bien coiffé.


L'histoire était bien, c'était drôle, décalé, mais... mais... quoi ? Je ne sais pas. J'avais l'impression, en fait, qu'il manquait des choses, que le film n'était pas fini. Voilà exactement ce que j'ai ressenti. Une impression d'inachèvement. Il aurait pu ce passer plus de choses avec les personnages, les méchants qu'on ne voyaient pas beaucoup, peut-être certains points n'ont pas été assez dit. Je ne sais pas. En tout cas j'ai l'impression d'un vide. D'un petit vide.


Donc voilà, un bon film d'action british comique et décalé, à voir surtout pour les personnages qui sont géniaux. Mais pour Rupert Grint, ne vous attendez pas à quelque chose d'exceptionnel... Vraiment dommage, c'est ce qui m'a le plus déçu...

Tu m'as déçue Rupert !!


dimanche 4 juillet 2010

La jeune fille à la perle


Titre : La jeune fille à la perle
Auteur : Tracy Chevalier
Genre : littérature adulte
Appréciation : J'ai adoré

Résumé : La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delf, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...
Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un coeur simple sacrifié au bûcher du génie.
(résumé repris du livre)
Extrait :



J'étais à la cuisine en train de hacher des légumes quand j'entendis des voix provenant de l'entrée, la voix d'une femme, aussi étincelante que cuivre bien astiqué, et celle d'un homme, aussi dense et sombre que le bois de la table sur laquelle je travaillais. (...)
"C'est donc la fille, dit-elle d'un ton abrupt.
- C'est Griet, ma fille", répondit ma mère. Je saluai respectueusement l'homme et la femme.
"Disons qu'elle n'est pas bien grande, est-elle assez forte ?" Au moment où la femme se tournait vers l'homme, un pan de sa cape entraîna le couteau dont je venais de me servir, il alla tournoyer sur le sol.
La femme poussa un cri.
"Catharina", dit l'homme avec calme. Il prononça son nom comme s'il avait un morceau d'écorce de cannelle dans la bouche. La femme s'arrêta, faisant effort pour se dominer.
Je m'approchai, ramassai le couteau, frottai la lame avant de le poser sur la table. Dans sa chute, le couteau avait déplacé les légumes, je remis en place un morceau de carotte.
L'homme m'observait de ses yeux gris comme la mer. Son visage allongé, anguleux, reflétait la sérénité alors que celui de son épouse était aussi changeant que chandelle au vent. Il ne portait ni barbe ni moustache, d'où cette apparence nette que j'appréciai. Une houppelande noire couvrait ses épaules, sa chemise était blanche et son col de fine dentelle. Son chapeau était enfoncé sur sa chevelure couleur de brique défraîchie par les intempéries."


Critique : C'est un très beau livre d'où a été adapté un très beau film La jeune fille à la perle, que j'avais vu avant de lire ce livre. C'est donc la même histoire, écrite du point de vue de Griet dans un style ni trop simple, ni trop compliqué que j'ai bien aimé. On lit à travers les yeux de Griet, ce que le film ne nous montrait pas, préférant nous raconter l'histoire d'un point de vue global.
L'histoire était telle comme dans le film, a part bien sûr qu'il y avait plus de choses qu'on ne nous montrait pas sur écran, des choses que j'ai découvertes avec plaisir. C'est ça qui est bien dans les livres, en plus du style qui change tout par rapport au film.
J'ai découvert des choses que je n'avais pas tout à fait compris dans le film, la relation entre Griet et le peintre Vermeer est plus ponctuée aussi, elle est moins ambiguë que dans le film, malgré qu'elle reste tout de même assez mystérieuse. L'écriture accentue tout, puisqu'elle laisse une trace.
Mais le seul petit défaut qui n'a rien a voir avec le livre, ou si, est que j'ai lu le livre APRES avoir vu le film, donc l'imagination s'arrêtait là, je voyais le film et rien que le film en lisant ce livre. En même temps c'est bien car on se repasse un film qu'on a bien aimé, et qu'en plus il y a des scènes qu'on a pas vu sur écran, un peu comme quand on écoute la B.O d'un film : on se remémore notre film préféré avec un grand plaisir.
Voilà, mais c'est moi aussi. Quand je regarde un film qui m'a plus en ne sachant pas qu'il a été fait d'après un livre, quelques temps plus tard je vois ce livre dans une librairie et je l'achète car je me dis, tiens, c'est le film que j'ai vu ! Et comme je suis une grande dévoreuse de livres, je me précipite dessus pour le dévorer.
Donc, j'ai bien aimé ce livre, mais évidemment, j'ai eu une impression de déjà vu, l'imagination me bloquait, et je pense que les livres qui sont lu après avoir vu le film en adaptation, ne peuvent pas être un coup de coeur car se n'est pas une surprise, on s'attend forcément à quelque chose. Voilà, juste pour dire ça :)

samedi 3 juillet 2010

(film) Les meilleurs amis du monde


Réalisé par Julien Rambaldi
Avec Marc Lavoine, Pierre-François Martin-Laval, Léa Drucker
Date de sortie cinéma : 9 juin 2010
Genre : Comédie

Durée : 01 h31 min

Synopsis : Un week-end au vert avec vos meilleurs amis.

Ceux qui vous aiment vraiment.

Ceux en qui vous avez une confiance absolue.

Ceux qui vous comprennent et vous disent toujours la vérité.

Et surtout, ceux qui vous pourrissent sans savoir qu’ils ont appuyé sur la touche rappel de leur téléphone.

Source : AlloCiné

Critique : Une comédie bien française à regarder sans se prendre la tête quand on est de bonne humeur. On rigole, parfois noir, on sourit. Les couleurs sont belles, plutôt claires, Léa Drucker est superbe et j'ai bien aimé son personnage. L'histoire est drôle et les personnages sont touchant. Mais la fin est gnangnan, cucu, un vrai petit happy end parfait comme tout, où les amis ce pardonnent, s'enlacent, et ce font des promesses parfaites comme tout. On a un rire noir, c'est tourné en comique je pense, enfin j'espère, mais voilà ça s'arrête là, une fin comme toutes les autres, sans surprises. Larmoyante, émouvante, c'est fait pour émouvoir les spectateurs, dans un film comique avec une fin plus comique du tout, c'est un problème. Alors on continue à espérer que cette scène est destinée à faire rire. Alors moi, vous voyez, je ne sais plus du tout si il faut rire ou pas, alors je rigole d'un rire sec, noir.
Bref, une chouette comédie avec une chouette musique, que j'oublierais sans doute. Mais c'était sympa quand même :)

jeudi 1 juillet 2010

(film) August Rush


Réalisé par Kristen Sheridan
Avec Freddie Highmore, Keri Russell, Jonathan Rhys-Meyers, Robin Williams

Date de sortie cinéma : 19 mars 2008
En DVD depuis le : 24 septembre 2008

Genre : Drame
Durée : 01 h 53 min

Synopsis : Peu importe qu'il ait grandi dans un orphelinat : August Rush est persuadé que ses parents n'ont jamais voulu l'abandonner. Le jour où il découvre son talent inné pour la musique, August y voit même le moyen de retrouver ceux qui l'ont mis au monde : il est sûr que ses parents, s'ils entendent la symphonie qu'il a composée pour eux, sauront le reconnaître au travers de sa musique...

Sources : AlloCiné

Critique : Une seule chose à dire : Wooouah ! Woooouah et encore woooouah !! Je n'ai pas regardé le film, je l'ai vécu. Je me suis attaché si facilement aux personnages, j'ai haï si facilement les méchants, j'avais le cœur qui battait quand le gros salopard faisait un truc que j'aimais pas, j'avais le cœur qui battait aussi, pour d'autres choses plus heureuses... Cependant, c'est un peu l'objectif des films, non ? Le film était tellement beau, tellement émouvant, tellement... conte de fée ! Oui, c'était un conte de fée, c'était tout à fait ça. Une belle histoire d'amour d'une nuit où la mère et le père ne se voient plus pendant dix ans, avec un happy end émouvant, de quoi verser une larme... Jonathan Rhys-Meyers (le père de August Rush) était à tomber par terre, dès qu'il apparaissait sur l'écran je m'extasiais comme une idiote. De plus, j'ai adoré la musique qu'il chantait. Quand à Freddie Highmore (August Rush), en fait, il me rend passive ce petit acteur. Je n'aime pas sa tête de petit garçon tout mignon, tout gentil, une tête de petit ange qu'on voit partout aux têtes des affiches, dans Arthur et les Minimoys et Charlie et la Chocolaterie. Et puis, son jeu d'acteur n'est pas exceptionnel. Vous remarquerez que c'est toujours le personnage principal qui est le moins intéressant dans certains films.
Cependant, c'était impressionnant la façon dont Freddie Highmore jouait de la guitare comme sur un piano et tous ses exploits musicaux. Et sa musique était si belle...

La fin était belle, émouvante, un vrai happy end, mais pas cucu la prâline, non. On se prenait au jeux, on avait envie de pleurer de joie, j'avais l'impression que mon coeur allait éclater, cette fin, cette fin si belle, et puis Jonathan Rhys-Meyers qui était si beau, cette musique qui était magnifique...
Quand le film est fini, on va se coucher le coeur rempli de bonheur, avec des pensées plein la tête...